À quelques heures d’un sommet européen crucial à Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni et la France travaillent sur un plan visant à obtenir un cessez-le-feu en Ukraine. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Kiev, après l’humiliation publique infligée à Volodymyr Zelensky par Donald Trump lors de leur rencontre à la Maison-Blanche.
Ce sommet réunit une quinzaine de dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, Olaf Scholz, Giorgia Meloni et Ursula von der Leyen, avec pour objectif d’élaborer des garanties de sécurité face à un possible désengagement américain. En parallèle, Londres et Kiev ont signé un accord de prêt de 2,74 milliards d’euros pour soutenir la production d’armements ukrainiens, financé par les actifs russes gelés.
L’annonce d’un rapprochement stratégique entre Paris, Londres et Kiev s’explique par les craintes d’un effondrement du soutien américain. Moscou et Washington, désormais engagés dans des négociations bilatérales, excluent l’Ukraine et l’Europe du processus. Donald Trump, qui a sommé Zelensky de négocier avec Vladimir Poutine sous peine d’être abandonné, semble prêt à imposer un règlement du conflit défavorable à Kiev.
Face à cette nouvelle donne, l’Europe envisage une refonte complète de sa stratégie de défense. Emmanuel Macron s’est dit prêt à discuter d’une dissuasion nucléaire européenne, tandis que l’Allemagne plaide pour un assouplissement des règles budgétaires afin de financer un renforcement massif des capacités militaires du continent. La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, appelle à un « réveil stratégique » et exhorte l’Europe à assumer un rôle de leader dans le monde libre.
Sur le terrain, les soldats ukrainiens suivent avec inquiétude cette évolution. Dans l’est de l’Ukraine, une lieutenant de 21 ans témoigne de sa stupeur après le clash entre Zelensky et Trump. « Je me sens vide », confie-t-elle, s’interrogeant sur l’avenir de son pays face au risque d’un abandon occidental. Plus que jamais, Kiev mise désormais sur une solidarité européenne pour poursuivre son combat.