Ce mercredi, l’Assemblée nationale a adopté l’article 45 bis du projet de loi de financement de la Sécurité sociale par 255 voix pour et 146 contre, actant la suspension de la réforme des retraites de 2023 jusqu’au 1er janvier 2028. L’amendement inclut notamment des mesures concernant les carrières longues et certaines catégories de fonctionnaires.
Un soulagement pour les uns, une capitulation pour les autres
Le dirigeant socialiste Olivier Faure a qualifié ce vote de « victoire d’étape », déclarant : « Le totem absolu de la macronie a été ébranlé ». Il a cependant regretté l’absence d’unité à gauche sur le dossier. À l’inverse, Bruno Retailleau, président des Républicains, a dénoncé sur le réseau X une « capitulation » : « Je suis effaré par la lâcheté du gouvernement, qui vient de sacrifier l’avenir de nos jeunes générations sur l’autel de sa survie politique. Cette décision irresponsable … va coûter des milliards à la France. »
Le gouvernement et le Parlement confrontés à la réalité budgétaire
Le ministre délégué en charge du Travail a présenté cette suspension comme « d’abord un acte de stabilité politique.» L’amendement précisait que les carrières longues, les personnes nées au cours du premier trimestre 1965 et certaines catégories actives de la fonction publique seront concernées. Le coût supplémentaire de cette suspension est estimé à 200 millions d’euros en 2026 et à 500 millions en 2027.
Vers un débat central de la présidentielle 2027
Cette décision ne met pas pour autant un terme aux discussions sur les retraites. Selon les déclarations d’Olivier Faure, la question des retraites sera l’un des débats majeurs de l’élection présidentielle de 2027. Gabriel Attal, président du groupe parlementaire de la majorité, a pour sa part déclaré : « Nous devons changer le système, ce n’est plus les paramètres qu’il faut bouger, mais le système tout entier. »
Une réforme suspendue mais non abrogée
Bien que la suspension soit votée, elle ne représente pas une abrogation de la réforme de 2023. Le texte initial reste en vigueur, la suspension n’en représentant qu’un report dans le temps. Des voix, notamment au sein de la gauche radicale, qualifient d’ailleurs cette mesure de simple « décalage ». Le Sénat devra désormais examiner le texte voté par l’Assemblée, et la navette parlementaire fera sans doute l’objet de débats tendus.