L’ancien Premier ministre congolais condamné à dix ans de travaux forcés pour détournement de fonds
L’ancien Premier ministre congolais condamné à dix ans de travaux forcés pour détournement de fonds

L’ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo, Matata Ponyo Mapon, a été reconnu coupable mardi par la Cour constitutionnelle de détournement de fonds publics à hauteur de 245 millions de dollars. Il a été condamné à dix ans de travaux forcés, dans l’une des affaires de corruption les plus emblématiques de l’ère post-Kabila.

Chef du gouvernement entre 2012 et 2016 sous la présidence de Joseph Kabila, Matata Ponyo a été jugé par contumace, tout comme les deux autres co-accusés dans cette affaire : Deogratias Mutombo, ancien gouverneur de la banque centrale, et Christo Grobler, homme d’affaires sud-africain. Tous deux ont écopé de cinq ans de travaux forcés. Aucun des trois hommes n’est actuellement incarcéré. Selon les autorités, Ponyo se trouve à Kinshasa, Mutombo en Belgique et Grobler en Afrique du Sud.

Le dossier concerne un projet agricole de grande envergure lancé à Bukanga Lonzo, à quelque 260 kilomètres au sud-est de la capitale. Présenté à l’époque comme un pilier du plan de relance agricole national sous Kabila, ce projet de ferme industrielle de maïs était censé être le premier d’une série de 22 sites agro-industriels. Il a été abandonné en 2017, après seulement trois années de production. L’entreprise sud-africaine en charge de la gestion du projet a quitté le pays en affirmant n’avoir jamais été payée.

L’instruction de cette affaire avait été lancée en 2021, dans le cadre d’un vaste chantier anticorruption engagé par le président Félix Tshisekedi pour enquêter sur la gestion du gouvernement précédent. Les avocats de Ponyo dénoncent des poursuites « injustes » et politiquement motivées. « Il n’y a rien de pénal dans ce dossier. C’est une cabale politique », a déclaré à Reuters Me Laurent Onyemba.

Cette condamnation intervient dans un contexte politique tendu. L’ancien président Joseph Kabila, qui a quitté le pouvoir en 2018 après près de vingt ans à la tête du pays, réside depuis fin 2023 à l’étranger, principalement en Afrique du Sud. Le gouvernement actuel l’accuse d’entretenir des liens avec les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda et actifs dans l’est du pays, ce que son parti dément fermement.

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