Jean-Luc Mélenchon somme TotalEnergies de « passer à la caisse »
Jean-Luc Mélenchon somme TotalEnergies de « passer à la caisse »

Place de la République, au milieu des drapeaux et des slogans bien rodés, Jean-Luc Mélenchon a choisi sa cible sans détour ce 1er mai à Paris. Depuis le char de La France insoumise, le leader a lancé à TotalEnergies un ordre qui claque comme une banderille dans le débat public: « Allez, passez à la caisse, vous en avez les moyens. Total ne s’effondrera pas ». Une phrase courte, pensée pour frapper, dans une journée où le pouvoir d’achat reste le nerf à vif.

Dans un discours d’une vingtaine de minutes, l’ancien candidat à la présidentielle a déroulé une attaque frontale contre les profits du géant de l’énergie, qu’il relie à la conjoncture internationale et aux tensions au Moyen-Orient. Il a cité des montants de bénéfices distribués aux actionnaires ces dernières années, plaidant qu’une entreprise restée nationalisée aurait, selon lui, rempli davantage les caisses de l’État. Le message est clair: l’énergie, secteur stratégique, doit selon LFI contribuer davantage quand les ménages comptent leurs pleins et que l’inflation laisse des traces dans les budgets.

TotalEnergies, cible préférée d’un 1er mai sous tension

Sans changer de ton, Jean-Luc Mélenchon a aussi remis sur la table une mesure simple à énoncer et compliquée à tenir: « Il faut bloquer les prix du carburant ». La revendication parle à l’automobiliste, au salarié qui fait des kilomètres, au patron de petite entreprise qui voit sa facture grimper, bref à tous ceux pour qui la pompe est un passage obligé. Dans la même veine, il a réclamé une hausse des salaires, insistant sur la notion de travail au sens large et évoquant « celles qui font du travail gratuit à la maison », façon de rappeler que la bataille sociale ne se limite pas au bulletin de paie.

Autre angle, plus politique, plus piquant aussi: la polémique sur l’ouverture possible de certaines boutiques le 1er mai. Gabriel Attal a évoqué l’idée d’autoriser boulangeries et fleuristes à ouvrir librement en faisant travailler des salariés volontaires. Mélenchon a balayé l’argument, dénonçant un « choix libre » qu’il juge illusoire: « Qui a la liberté de dire non à son patron ? Le contrat de travail est un contrat de subordination », a-t-il martelé, retrouvant là un thème classique de la gauche syndicale, celui du rapport de force dans l’entreprise.

Au fond, cette séquence du 1er mai ressemble à une remise en scène d’un débat français qui revient comme une marée: faut-il taxer davantage les profits jugés exceptionnels, contraindre les prix, flécher l’argent vers les salaires ou vers l’État, au risque de froisser l’investissement et l’attractivité d’un groupe très internationalisé ? Mélenchon, lui, assume l’affrontement et désigne un symbole, TotalEnergies, pour incarner une promesse de redistribution immédiate. Reste à voir si cette ligne, simple dans les mots et rude dans les arbitrages, trouvera un débouché concret dans les prochaines batailles budgétaires.

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