Ambiance électrique, vendredi, dans les rues d’Amiens. En marge du défilé du 1er mai, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a été pris à partie puis enfariné à la fin de la manifestation, dans le centre-ville. Le dirigeant socialiste avait marché aux côtés du maire Frédéric Fauvet et du sénateur Rémi Cardon, le cortège s’étant élancé peu avant 11 heures. Et l’on sentait déjà, derrière les slogans et les drapeaux, que la journée pouvait mal tourner.
Une Fête du travail sous tension, la gauche en ordre dispersé
Plus tôt sur le parcours, un premier accrochage avait donné le ton: des représentants de Force ouvrière ont rompu les rangs à mi-chemin pour protester contre la présence d’Olivier Faure. Le petit groupe qui l’accompagnait défilait en queue de cortège quand les tensions ont monté, puis à l’arrivée des manifestants l’ont encerclé et invectivé, aux cris de « Le PS dehors » ou « Casse-toi, sale traître ». Certains participants étaient masqués, et l’un d’eux portait un foulard frappé de la faucille et du marteau, signe d’une action attribuée à des mouvements d’extrême gauche révolutionnaire.
Reste une image, tenace: un responsable politique visé, bousculé, humilié, au coeur d’une journée censée rassembler le monde du travail. Sur X, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale Boris Vallaud a dénoncé des méthodes « inacceptables » qui, selon lui, « nuisent au combat de toute la gauche et des travailleurs ». Olivier Faure, lui, est resté sur place et a continué à échanger avec des participants malgré l’incident, comme pour refuser de céder le terrain symbolique de la rue. Un 1er mai de plus, et cette vieille question française qui revient, obstinée: jusqu’où la contestation accepte-t-elle encore le débat sans la mise au pilori.
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