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Ibrahim Houeija est un général de l’armée du régime syrien déchu et l’un des hauts responsables de la sécurité syrienne. Il est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, ainsi que d’avoir orchestré des assassinats visant des hommes politiques et des opposants en Syrie et à l’étranger. Les forces de sécurité syriennes du nouveau gouvernement l’ont arrêté le 6 mars 2025.

Origine et vie personnelle
Ibrahim Houeija est originaire de la localité d’Aïn Chaqaq, dans la région de Jablé, au gouvernorat de Lattaquié.

Il est marié et père d’une fille nommée Kenana, qui a été présentatrice à la télévision officielle syrienne. Son nom a émergé en tant que négociatrice pour le compte du régime syrien avec les factions de l’opposition. Elle est apparue à plusieurs reprises dans des vidéos lors d’opérations d’évacuation ou de réconciliation.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme l’a accusée d’avoir perçu des commissions de plusieurs centaines de milliers de dollars sur des accords de déplacement forcé des opposants, lui valant le surnom de « présentatrice millionnaire ».

Carrière militaire
Après la prise de pouvoir par le président syrien Hafez al-Assad lors du coup d’État militaire de 1970, Houeija est devenu le deuxième directeur du renseignement de l’armée de l’air après Mohammed Al-Khouli, en 1987. Il a occupé ce poste jusqu’en 2002 et était connu pour sa poigne sécuritaire durant cette période.

Son nom est notamment lié à la répression du soulèvement de Hama en 1982, où le renseignement de l’armée de l’air a joué un rôle clé dans les opérations militaires contre les opposants de la ville.

Le président déchu Bachar al-Assad l’a démis de ses fonctions après près de 15 ans à la tête de ce service de renseignement, l’un des plus influents de Syrie, qui surveillait de près les activités militaires et civiles, collectait des informations et éliminait toute menace potentielle au régime. Ce service dépendait directement du président.

L’assassinat de Kamal Joumblatt
Le 16 mars 1977, le leader druze Kamal Joumblatt, chef du Mouvement national libanais et fondateur du Parti socialiste progressiste, a été assassiné. Il était l’une des figures les plus farouchement opposées à la politique syrienne au Liban.

Cet assassinat est survenu dans un contexte de fortes tensions politiques entre Joumblatt et le régime syrien dirigé par Hafez al-Assad.

Bien que Rifaat al-Assad, frère du président syrien de l’époque, ait été largement suspecté, le nom d’Ibrahim Houeija a également été cité parmi les principaux responsables de cette opération.

Lors de son témoignage devant le Tribunal spécial pour le Liban, le 7 mai 2015, Walid Joumblatt a affirmé que l’enquête libanaise avait conclu que le bureau des renseignements syriens à Beyrouth, dirigé à l’époque par le colonel Ibrahim Houeija, était l’organe responsable de cet assassinat, avec l’implication du général Mohammed Al-Khouli.

Arrestation
L’agence de presse syrienne SANA a rapporté qu’un responsable du service de sécurité du nouveau gouvernement syrien, qui a pris le pouvoir après la chute de Bachar al-Assad, a déclaré que les forces de sécurité avaient arrêté Ibrahim Houeija le 6 mars 2025.

Selon cette source, « après une surveillance et une enquête approfondies, nos forces dans la ville de Jablé ont réussi à arrêter le criminel, le général Ibrahim Houeija, ancien chef du renseignement de l’armée de l’air en Syrie, accusé de centaines d’assassinats sous le régime du criminel Hafez al-Assad, dont l’assassinat du leader druze libanais Kamal Bey Joumblatt ».

L’arrestation de Houeija est intervenue une semaine avant le 48e anniversaire de l’assassinat de Kamal Joumblatt, ce qui a remis en lumière son rôle dans cette affaire et d’autres accusations portées contre lui.

Cette arrestation a coïncidé avec la mort de 15 agents de la sécurité publique dans des embuscades tendues par des membres restants de l’ancien régime, dans le nord-ouest du gouvernorat de Lattaquié, selon une source sécuritaire syrienne

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