Le samedi 6 septembre 2025, une grande manifestation est prévue à Bruxelles à l’appel de plus de trois cents associations de défense des droits humains et de la résistance iranienne. Le rassemblement débutera à 14 heures sur la Place de l’Atomium et sera suivi d’une marche dans les rues de la capitale. Les organisateurs annoncent la participation de dizaines de milliers de personnes venues de plusieurs pays européens.
L’objectif affiché est d’attirer l’attention de l’opinion publique et des institutions européennes sur l’ampleur des exécutions en Iran. Depuis l’entrée en fonction du président Massoud Pezeshkian, plus de 1 630 exécutions auraient été recensées selon les organisateurs. Dans le même temps, les autorités iraniennes reconnaissent plus de 21 000 arrestations liées à des activités politiques ces derniers mois. Plusieurs médias d’État iraniens ont fait référence à la possibilité d’un scénario comparable à celui de 1988, lorsque des milliers de prisonniers politiques avaient été exécutés sur la base d’une fatwa de l’ayatollah Khomeiny. En juillet 2024, le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, Javaid Rehman, avait qualifié cet épisode de génocide et de crime contre l’humanité.
La situation intérieure de l’Iran reste marquée par de profondes difficultés sociales et économiques : pénuries d’eau, coupures d’électricité, hausse des prix et pauvreté généralisée. Depuis 2018, plusieurs mouvements de contestation ont eu lieu dans le pays, malgré une répression jugée particulièrement sévère par les organisations de défense des droits humains.
Les organisateurs de la manifestation à Bruxelles estiment que la réaction des institutions européennes demeure insuffisante. Selon eux, l’absence de mesures concrètes encourage la poursuite des exécutions et de la répression. Ils pointent également les risques liés à la progression du programme nucléaire iranien. Le 13 août dernier, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont adressé une mise en garde au Conseil de sécurité de l’ONU. Dans leur communiqué, ils indiquaient que si l’Iran refusait tout retour à la négociation, les résolutions suspendues depuis 2015 pourraient être réactivées, ce qui replacerait Téhéran sous le régime des sanctions prévues au Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.
La mobilisation du 6 septembre s’inscrit donc dans un double objectif : dénoncer la situation des droits humains en Iran et appeler l’Union européenne à adopter une position plus ferme face aux autorités iraniennes.
Lahcen Isaac Hammouch
Journaliste et Correspondant de Entrevue.fr