Le Premier ministre François Bayrou a laissé entendre qu’une réforme législative sur l’immigration pourrait être envisagée. Lors d’un entretien accordé au Parisien, il a insisté sur la nécessité d’un débat approfondi sur l’appartenance à la communauté nationale et les conditions d’accès à la nationalité française. Prenant ses distances avec les approches les plus tranchées de son gouvernement, notamment celle du ministre de la Justice, Bruno Retailleau, il a affirmé vouloir « réconcilier les irréconciliables » sur cette question.
Fidèle à sa méthode du dialogue, François Bayrou a précisé que l’immigration ne devait pas être un sujet tabou, mais qu’il devait être traité avec « rigueur et équilibre ». Il envisage ainsi l’organisation de débats et de consultations, inspirés de ceux sur l’identité nationale initiés sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2009. Si aucune décision n’a encore été prise, il n’exclut pas de légiférer, peut-être sous la forme de plusieurs textes plutôt qu’une grande loi unique.
Dans son entretien, le chef du gouvernement a également réagi à l’affaire Doualemn, un influenceur algérien dont l’expulsion a été annulée par la justice malgré un lourd passé judiciaire. Soutenant la position de son ministre de l’Intérieur, il a estimé qu’il existait « un problème d’efficacité » dans l’application des mesures d’éloignement, tout en suggérant qu’un ajustement législatif pourrait être nécessaire pour remédier à ces failles.
Alors que le débat sur l’immigration divise profondément l’opinion et la classe politique, Bayrou tente de tracer une voie médiane, cherchant un équilibre entre fermeté et respect des principes républicains. Cette ouverture à une possible réforme marque une inflexion notable dans son discours, laissant entrevoir des évolutions à venir dans la politique migratoire du gouvernement.