Dans une interview accordée ce dimanche au Journal du Dimanche (JDD), Franck Louvrier, maire Les Républicains de La Baule et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, propose une initiative audacieuse : la formation d’un gouvernement composé d’élus locaux. Selon lui, cette solution permettrait de rétablir la confiance entre les citoyens et le pouvoir central, en enracinant davantage les décisions politiques dans le quotidien des Français.
Avec la dissolution de l’Assemblée nationale avant l’été, Emmanuel Macron a évité une motion de censure sur le budget et a ouvert la voie à une coalition inédite. Louvrier suggère que cette coalition soit formée d’hommes et de femmes issus de divers horizons politiques, mais unis par leur expérience en tant qu’élus locaux, qu’ils soient maires, présidents de région ou de département. Il argue que ces élus, habitués à faire voter des budgets équilibrés, sont en phase avec les préoccupations des Français.
Louvrier reconnaît que ces élus locaux pourraient hésiter à abandonner leurs mandats pour des postes ministériels potentiellement éphémères. Toutefois, il précise que la loi n’interdit pas le cumul de fonctions, et que cette approche pourrait répondre à la critique récurrente de la « déconnexion » des gouvernants par rapport aux réalités locales. Il estime que nommer un gouvernement d’élus locaux permettrait de surmonter l’image d’un président perçu comme distant, représentant avant tout les grandes métropoles.
Concernant l’alliance avec la droite républicaine, Louvrier note les progrès réalisés, notamment par Laurent Wauquiez et Éric Ciotti, pour rapprocher les idées de leur camp de celles du Rassemblement national, tout en préservant l’indépendance de la droite. Pour lui, une telle coalition pourrait aussi s’étendre à la gauche sociale-démocrate, à condition que les socialistes se détachent de La France insoumise.
Quant à sa propre implication, Louvrier affirme ne pas être candidat à un poste gouvernemental, se considérant avant tout comme « ministre de La Baule ». Il appelle néanmoins à cesser le « Macron bashing » et à soutenir le président pour éviter de fragiliser la France face aux extrêmes.
Enfin, Louvrier souligne que la dissolution de l’Assemblée nationale, bien que risquée, a permis de clarifier le paysage politique avant les Jeux olympiques, contribuant ainsi à redonner un élan positif au pays. Selon lui, le succès des JO a sauvé une saison touristique compromise et pourrait avoir des effets bénéfiques à long terme. Désormais, il estime qu’il est impératif de construire une majorité d’unité nationale, régénérée par la démocratie locale, pour aborder les défis des trois prochaines années.