L’Assemblée nationale s’apprête à vivre un moment de tension rare ce mardi 27 mai. Deux propositions de loi cruciales seront soumises au vote des députés : l’une sur les soins palliatifs, l’autre sur l’instauration d’une aide active à mourir. Si la première devrait être adoptée sans encombre, la seconde, qui ouvre la voie au suicide assisté et à l’euthanasie dans des conditions encadrées, divise profondément les bancs de l’hémicycle.
Une ligne de fracture bien au-delà des partis
À gauche comme chez certains membres de la majorité, le soutien au texte porté par Olivier Falorni est clair. En revanche, la droite, une majorité du RN et une partie du centre s’y opposent avec vigueur. La principale inquiétude porte sur la définition jugée floue de la « phase avancée ou terminale » de la maladie, critère d’accès à l’aide à mourir. Le vote s’annonce serré, d’autant qu’une centaine de députés restent encore indécis.
Autre point de crispation : la création d’un « délit d’entrave » à l’euthanasie, sur le modèle de celui existant pour l’IVG. Toute pression ou tentative de dissuasion pourrait être punie de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Même si le texte est adopté, il devra ensuite franchir l’étape du Sénat, où la droite promet de le réécrire en profondeur. Ce vote pourrait bien marquer un tournant historique dans l’approche française de la fin de vie.