Face aux droits de douane américains, Paris cherche la parade sans "quoi qu’il en coûte"
Face aux droits de douane américains, Paris cherche la parade sans "quoi qu’il en coûte"

Avec l’entrée en vigueur ce mercredi de la hausse de 20 % des droits de douane américains sur toutes les importations européennes, le gouvernement français se retrouve sous pression. L’objectif : amortir le choc économique sans replonger dans les dépenses massives de l’époque Covid. « Il n’y aura pas de quoi qu’il en coûte », prévient déjà Bercy.

Cette nouvelle salve protectionniste de Donald Trump plonge l’exécutif dans l’incertitude. « C’est un peu comme au début du Covid, on n’y voit pas bien clair », glisse un ministre, non sans ironie. Quatre millions d’emplois sont liés aux exportations, mais l’ampleur des pertes potentielles reste floue. La Banque de France a déjà abaissé sa prévision de croissance à 0,7 %, et François Bayrou évoque un impact direct de 0,5 % du PIB.

Entre riposte européenne et rééquilibrage stratégique

En attendant une réponse coordonnée de Bruxelles attendue pour le début de semaine prochaine, Paris explore des options : diversification commerciale, nouvelles alliances… et pourquoi pas une évolution de sa position sur le traité de libre-échange Mercosur, jusque-là combattu par la France.

Le scénario rêvé de l’Élysée ? Pousser Washington à reculer, en brandissant par exemple une taxe carbone européenne aux frontières. En attendant, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, appelle à tenir la ligne budgétaire coûte que coûte : « Ce sera un budget contraint, mais pas aveugle ». La ligne du gouvernement est claire : garder le cap de la réduction du déficit, quitte à laisser filer légèrement l’objectif en cas de guerre commerciale prolongée.

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