C’est un retour en famille qui cache une opération politique soigneusement orchestrée. La ministre de la Culture, Rachida Dati , a discrètement repris sa carte aux Républicains il y a quelques jours, comme l’a révélé Le Parisien. Une annonce faite mardi dernier lors de la réunion du groupe Droite Républicaine à l’Assemblée nationale. Officiellement, elle se contente d’un retour aux sources et d’un droit de vote pour la présidence du parti. Officieusement, les tractations vont bien au-delà.
Un accord Dati-Wauquiez pour Paris 2026
Selon nos informations, l’ex-maire du 7e arrondissement a rencontré Laurent Wauquiez en fin de semaine dernière. Le deal est simple et redoutablement efficace : en échange de son soutien à l’ex-président d’Auvergne-Rhône-Alpes pour la présidence de LR, Rachida Dati s’assure de l’appui du parti pour les municipales de 2026 à Paris. Objectif : incarner une candidature de « socle commun », une coalition des droites républicaines et des macronistes, pour conquérir la capitale.
Un conseiller ministériel confie à Entrevue : « Ça assure à Rachida d’avoir le soutien de LR aux municipales. Car si Wauquiez gagne, elle aura son soutien direct. Et si Retailleau gagne, il ne pourra pas lui barrer la route : il veut être le candidat de la droite et du centre en 2027, donc il devra composer. C’est 100 % gagnant pour elle. »
Une manœuvre avant tout tactique
Pourtant, derrière cette alliance apparente avec Wauquiez, pas de véritable adhésion. « Bien qu’elle soit amie avec Laurent (Wauquiez), elle ne croit pas une seconde qu’il puisse l’emporter face à Retailleau », déclare à Entrevue, un élu parisien proche de la ministre. « Elle joue sur tous les tableaux, c’est une pure stratégie. » D’autant que Bruno Retailleau, soutien de son rival parisien Francis Szpiner, s’oppose à une remise en cause de la loi PLM, une réforme chère à Dati pour faciliter sa conquête de Paris.
Cible de nombreuses critiques au sein de LR lorsqu’elle avait accepté un poste ministériel en janvier 2024, Rachida Dati avait été accusée de trahison. Mais aucune exclusion formelle n’avait été prononcée, tant son influence et sa popularité restaient intactes à droite. Aujourd’hui, elle revient par la grande porte, armée d’un plan politique implacable.
Si les jeux internes à droite restent ouverts, une chose est certaine : Dati n’a jamais cessé de vouloir « gagner Paris ». Avec ce retour tactique chez LR, elle s’offre une rampe de lancement vers 2026. Et peu importe qui prendra les rênes du parti, elle compte bien en sortir gagnante.