EXCLUSIF – Découvrez la cellule de Nicolas Sarkozy. Entrevue s’est infiltré dans le « carré VIP » de la prison de la Santé en caméra cachée. (Photos exclusives Entrevue)
EXCLUSIF – Découvrez la cellule de Nicolas Sarkozy. Entrevue s’est infiltré dans le « carré VIP » de la prison de la Santé en caméra cachée. (Photos exclusives Entrevue)

Par Jérôme Goulon.

Quel point commun va avoir Nicolas Sarkozy avec Claude Guéant, Jean-Luc Lahaye, Patrick Balkany, Bernard Tapie, Cheb Mami ou encore les membres du gang des barbares, qui avaient assassiné Ilan Halimi ? Réponse : le quartier « VIP » de la prison de la Santé, à Paris. Dès le 21 octobre, l’ancien président de la République, condamné à 5 ans de détention pour « association de malfaiteurs », va être incarcéré et débuter sa peine.

Statut d’ancien président oblige, Nicolas Sarkozy ne sera pas mélangé aux autres détenus, mais placé dans un quartier spécial, le QVP (quartier des personnalités vulnérables). En effet, en prison, les personnalités publiques (députés, anciens ministres, hommes d’affaires, célébrités, sportifs), les condamnés ayant eu un procès très médiatisé et les détenus vulnérables (comme certains violeurs et pédophiles) sont placés dans un quartier d’isolement, appelé officieusement « quartier VIP ». La raison ? Ces prisonniers ont plus de risque d’être ciblés par d’autres détenus, et sont donc isolés du reste de la prison.

Il y a quelques années, nous avions réussi à faire entrer en exclusivité une caméra cachée dans le « quartier VIP » de la prison de la Santé. Les images que nous avons filmées permettent de montrer les conditions de détention des prisonniers. Voici un avant-goût de ce qui attend Nicolas Sarkozy…

Le quartier des personnalités vulnérables, ou « quartier VIP »

Les détenus du « quartier VIP » de la Santé sont dans une zone isolée de la prison et des autres détenus. Il jouissent de meilleures conditions que les détenus « normaux », et se voient notamment attribuer une cellule individuelle, ce qui tranche avec le reste de la population carcérale, totalement surpeuplée. Autres caractéristiques : une cour de promenade séparée et un accès privilégié à certaines activités (sport, jeux de cartes, lecture, salle de prière). Ces conditions de détention favorables créent souvent la polémique, que ce soit auprès des autres détenus, qui se sentent lésés, ou de l’opinion publique, qui ne comprend pas ce traitement de faveur.

Le Quartier Des Personnalités Vulnérables, Ou "Quartier Vip"
Les couloirs du « quartier VIP » de la prison de la Santé (avant rénovation) filmés en caméra cachée

Le Quartier Des Personnalités Vulnérables, Ou "Quartier Vip"
Des détenus discutant dans les couloirs du « carré VIP », la porte des cellules ouverte

Le Quartier Des Personnalités Vulnérables, Ou "Quartier Vip"
Deux prisonniers dans les couloirs du « quartier VIP »

Des cellules individuelles

Alors que les détenus « normaux » peuvent partager à quatre une cellule de 9 mètres carrés, les prisonniers du « quartier VIP » bénéficient de cellules individuelles de 10 à 12 mètres carrés. Ces cellules, spécialement aménagées, offrent un niveau de confort bien supérieur à celles des autres détenus, qui parfois ont pourtant commis des crimes ou délits moins graves. Ou qui ne sont pas connus.

Des Cellules Individuelles
Les cellules du « quartier VIP » de la prison de la Santé, avant rénovation (en bas) et après rénovation (en haut)

Des Cellules Individuelles
Un détenu dormant dans sa cellule, porte ouverte

Des Cellules Individuelles
Une cellule individuelle

La salle de sport

Dans le « quartier VIP » d’un centre de détention, les détenus ont la plupart du temps à leur disposition une salle de sport. Comme on peut le voir sur ces images, certains peuvent disposer d’une table de ping-pong ! De plus, en prison, qui dit sport dit souvent musculation ! Dans la salle de gym, on retrouve donc plusieurs appareils de muscu, qui permettent aux détenus de soigner leur corps ! Certains détenus, qui ne sont pas au contact des autres prisonniers, ont parfois même une salle de sport dédiée…

La Salle De Sport
La salle de sport, avec table de ping-pong et appareil de musculation

La Salle De Sport
Séance de sport pour l’un des pensionnaires du « carré VIP » de la prison de la Santé

La salle de jeux

En plus d’une salle de sport, les détenus d’un « quartier VIP » ont à leur disposition une salle de jeux. Comme on peut le voir sur ces images, toujours tournées en caméra cachée à la prison de la Santé (avant les travaux), des prisonniers jouent aux cartes, dans un climat détendu.

La Salle De Jeux
La salle de jeux, avec cartes, café, cigarettes et magazines

La salle de prière

Chaque quartier d’isolement possède des lieux de culte. Les prisonniers, quelle que soit leur religion, peuvent ainsi se réunir et prier. Les détenus, même radicalisés, ont à leur disposition un endroit spécifique, leur offrant la possibilité de «convertir» d’autres détenus, faisant de la prison un potentiel incubateur du terrorisme. Certains détenus diffusent d’ailleurs des prières avec leur radio pour que tout le monde les entende…

La Salle De Prière
La salle de prière, ici avec un poster dédié à la Vierge Marie. Des détenus utilisent leur radio pour diffuser des passages du Coran

Des gardiens à disposition

Quand ils sont enfermés dans leur cellule, les prisonniers du « quartier VIP » peuvent sortir. Ils ont un code pour appeler les surveillants : le « drapeau ». Ils glissent une feuille de papier sous leur porte, et dès qu’un gardien la voit, il répond aux désirs du détenu s’il veut aller dans la salle de sport, la salle de jeu, faire son linge ou prendre une douche…

Des Gardiens À Disposition
Des détenus et leur panier de linge dans les couloirs du « quartier VIP » de la Santé

Interview avec un détenu : « Nous aussi, on aimerait avoir notre propre cellule, comme les détenus du carré VIP ! »

Alors que la France connaît un problème de surpopulation carcérale, certains détenus « normaux », entassés dans des cellules, se plaignent que des prisonniers du « quartier VIP » bénéficient de meilleures conditions de détention qu’eux. Nous avons interviewé un prisonnier, qui a souhaité conserver l’anonymat, et qui nous livre son ressenti.

Jérôme Goulon : Les détenus «normaux» ont-ils des contacts avec les détenus du « quartier VIP » ?
Un détenu : Non, ce sont des prisonniers qu’on ne voit pas. Un quartier entier leur est réservé. Ils sont seuls en cellule, ils ont leurs activités dans leur aile et leur propre promenade.

Leurs conditions de détention semblent «meilleures» que les vôtres, alors qu’ils ont commis des délits parfois plus graves. Quelle est la réaction des prisonniers par rapport à cette situation ?
Tout ce qu’on peut dire, c’est que nous aussi on aimerait avoir notre propre cellule comme les détenus du « carré Vip » !

Votre cellule n’est pas grande ?
Non, elle fait seulement 9 mètres carrés. Et surtout, on est quatre à partager la même pièce ! Parfois, on est même cinq ! C’est à peine si on peut circuler. Le plus embêtant, c’est qu’il n’y a qu’un seul tabouret pour trois détenus. Alors si on veut tous manger assis, on se débrouille avec les moyens du bord pour en fabriquer.

Quelles sont les conditions d’hygiène ?
On a droit à trois douches par semaine, mais l’eau est tiède et les installations sont pourries. Le problème, c’est qu’on n’a pas le droit de changer de vêtements entre les douches. Les détenus du «carré VIP» ont plus de chance, c’est limite s’ils ne peuvent pas prendre une douche quand ils veulent ! Il y a une véritable injustice à ce niveau-là.

Et comment sont les sanitaires ?
Les chiottes sont dans la cellule. Ils ont mis une petite séparation en bois, mais ça pue et on n’a pas d’intimité. Certains prisonniers défèquent dans les douches communes. C’est immonde.

Et au niveau du linge de lit, ça se passe comment ? Vous pouvez avoir des draps, des couvertures ?
Chacun a droit à deux draps et à une couverture. Mais la mienne, ça fait onze mois que je suis avec. Ils ne l’ont jamais lavée. Les draps ne vont à la blanchisserie que toutes les deux semaines. Et on n’a pas d’oreiller.

Quelle est la journée type d’un détenu ?
Le surveillant vient le matin à 7 heures, il ouvre la porte pour la promenade. Il y a deux tours : par exemple, un de 7h40 à 9 heures et l’autre de 9h50 à 11 heures. Il y a deux autres possibilités de promenade l’après-midi.

Que faites-vous en dehors des promenades ?
On est enfermés dans les cellules toute la journée. On ne peut pas bouger sauf si on nous appelle pour l’infirmerie ou une activité. Chaque semaine, on a droit à dix minutes de bibliothèque. Juste le temps de prendre un bouquin.

Quelles sont les heures des repas ?
Entre 11h30 et 12 heures, et le soir, entre 17h30 et 18 heures. On nous sert des pommes de terre avec une tomate farcie. Mais les plats arrivent toujours froids. C’est dégueulasse ! De temps en temps, on nous distribue des yaourts ou des fruits.

Il n’y a jamais d’extras ?
Parfois, on a de la viande dans une sorte de sauce à l’eau. C’est écœurant. Pour le pain, c’est une baguette par jour, qu’on nous donne le matin. La nourriture est tellement infecte que, tous les jours, environ 50% des repas finissent à la poubelle ! Les détenus préfèrent manger ce que leurs proches leur amènent ou ce qu’ils peuvent acheter au magasin de la prison.

Et niveau boissons ?
Ils ne distribuent pas de boissons. Si t’as pas d’argent, tu bois de l’eau du robinet. Si tu peux payer, tu peux cantiner, donc avoir accès à l’épicerie. En clair, si t’as pas d’argent, t’es mort !

Pour ceux qui ne savent pas, que signifie cantiner ?
Ça veut dire qu’avec l’argent qu’on reçoit de l’extérieur, on peut acheter ce dont on a envie pour améliorer le quotidien.

Vous avez la télé ?
Oui, c’est environ 10 euros la semaine. Et quand on voit la gueule de la télé, c’est cher payé !

Il y a de la violence ?
Ça arrive ! Les viols, c’est plus fréquent.

Peut-on tout se procurer en prison ?
Oui, il est possible de faire rentrer de la drogue, de l’argent ou des portables par le parloir.

Comment faites-vous ?
L’un des moyens de faire ce trafic est de se planquer ça dans l’anus.

Les surveillants ne font pas de fouilles ?
Si, plusieurs fouilles peuvent être effectuées dans la même semaine. Et plus rien pendant des mois. C’est aléatoire.

Il y a des clans ?
C’est vrai que les jeunes ont tendance à traîner avec les gars qu’ils croisaient dans leur cité…

Il y a des suicides ?
Oui. Des prisonniers se pendent. Il y a aussi des tentatives qui n’aboutissent pas. Des mecs avalent des lames de rasoir ou se coupent les veines.

Les meurtriers et les voleurs peuvent-ils être dans la même cellule ?
Oui. Ils mélangent tout le monde, sans distinction de délit commis.

Cela doit causer des problèmes…
Bien sûr ! Il y a des tensions et si tu ne peux pas être changé de cellule, ça peut parfois finir à coups de fourchette !

Le trou, c’est comment ?
C’est une pièce d’environ 6 mètres carrés. Il n’y a que des toilettes et un lavabo en fer. On peut y rester jusqu’à 45 jours. C’est quand tu tapes un surveillant ou que tu le menaces de mort.

Comment sont les rapports avec les surveillants ?
Il y a des bons et des méchants…  

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