WASHINGTON, 6 juin — L’administration Trump a officiellement demandé à la Cour suprême des États-Unis l’autorisation de poursuivre son projet de démantèlement du ministère de l’Éducation, après que deux juridictions inférieures ont bloqué ses efforts, estimant que seul le Congrès pouvait approuver une telle mesure.
Le ministère de la Justice plaide que la décision d’un juge fédéral de Boston, Myong Joun, excède les pouvoirs judiciaires en entravant ce qu’il qualifie de gestion interne de l’exécutif. Dans un recours déposé vendredi, le gouvernement affirme que la réduction d’effectifs — qui a vu plus de 1 900 employés licenciés — respecte les obligations légales du ministère, tout en avançant vers une « restructuration conforme aux promesses électorales ».
Cette initiative, largement symbolique et politiquement explosive, vise à transférer les prérogatives fédérales en matière d’éducation — incluant la gestion des prêts étudiants et les programmes pour élèves en difficulté — aux États, aux districts locaux et à d’autres agences fédérales comme la Small Business Administration ou le ministère de la Santé.
Créé en 1979, le ministère de l’Éducation administre aujourd’hui plus de 1 600 milliards de dollars de prêts étudiants et coordonne des programmes essentiels pour les écoles défavorisées. Malgré cela, Donald Trump a martelé durant sa campagne qu’il entendait « supprimer l’État profond », l’Éducation étant l’un des premiers symboles ciblés.
Le décret signé le 20 mars dernier a immédiatement suscité une vague de recours. Une coalition de 20 États, du District de Columbia, de syndicats enseignants et de districts scolaires a porté plainte, dénonçant une tentative anticonstitutionnelle de contourner le Congrès.
Le juge Joun leur a donné raison, ordonnant le rétablissement des effectifs et la suspension des transferts de missions vers d’autres agences. La Cour d’appel du premier circuit a confirmé cette décision le 4 juin, contraignant l’administration à porter l’affaire devant la plus haute juridiction du pays.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Harrison Fields, a critiqué « une décision malavisée, contraire à la volonté du peuple américain », tandis que la secrétaire à l’Éducation, Linda McMahon, affirme que « la mission finale » du ministère reste inchangée.
La Cour suprême pourrait décider dans les prochaines semaines si elle accepte d’entendre l’affaire. Sa réponse aura des implications majeures non seulement sur l’avenir du ministère de l’Éducation, mais aussi sur les limites du pouvoir exécutif dans la restructuration de l’administration fédérale.