C’est une annonce qui avait beaucoup fait parler. Le 27 août dernier, à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, la ministre de l’Éducation nationale Élisabeth Borne avait surpris tout le monde en évoquant la possibilité de modifier la devise gravée sur le fronton du Panthéon, qui est depuis toujours « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». Pour la ministre, dégenrer cette devise permettrait de rendre plus visible la contribution des femmes dans l’histoire française, ce qui lui a valu de nombreuses critiques. Certains ont raillé une obsession du « politiquement correct » appliqué à un monument historique.
« Aux grands hommes et aux grandes femmes, la Patrie reconnaissante »
Invitée à préciser ses propos ce lundi matin sur RTL, Élisabeth Borne a tenu à clarifier sa position. Elle affirme ne pas vouloir imposer une formule en particulier mais rappelle que l’égalité entre les filles et les garçons doit être portée aussi par les symboles. La ministre reconnaît que le mot « homme » pouvait, à l’époque révolutionnaire, désigner l’humanité tout entière, mais insiste sur la nécessité d’envoyer aujourd’hui un message clair aux jeunes générations : les femmes ont toute leur place dans la société et leur contribution mérite d’être gravée dans la pierre au même titre que celle des hommes.
La ministre a affirmé que « les symboles ont leur importance », et évoqué quelques pistes, comme « Aux grands hommes et aux grandes femmes, la Patrie reconnaissante »…
Un débat qui dépasse la question du Panthéon
Au-delà du cas particulier de la devise, cette proposition relance un débat plus large sur la représentation des femmes dans l’espace public. Monuments, noms de rues, programmes scolaires : de nombreux observateurs estiment que l’histoire nationale reste largement racontée au masculin. Modifier la devise du Panthéon pourrait ainsi marquer un tournant symbolique, mais l’idée est encore loin de faire l’unanimité. Affaire à suivre…