Élections législatives en Albanie : Rama vise un quatrième mandat malgré les scandales
Élections législatives en Albanie : Rama vise un quatrième mandat malgré les scandales

Les électeurs albanais se sont rendus aux urnes dimanche pour élire leur nouveau parlement, lors d’un scrutin décisif marqué par la tentative du Premier ministre sortant Edi Rama de décrocher un quatrième mandat consécutif à la tête du gouvernement. Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures du matin et fermeront à 19 heures, avec des résultats attendus dès lundi.

Leader du Parti socialiste depuis 2013, Rama reste favori dans cette élection, fort d’une croissance économique robuste, d’un positionnement pro-européen assumé et d’une stature internationale bien établie. Il fait face à son ancien rival, Sali Berisha, figure emblématique du Parti démocrate, bien que fragilisé par des accusations de corruption. La campagne s’est déroulée dans un climat tendu, alimenté par des scandales à répétition, notamment l’arrestation pour corruption du maire de Tirana, Erion Veliaj, proche de Rama — ce dernier a nié toute implication.

Rama a recentré sa campagne sur la promesse de faire entrer l’Albanie dans l’Union européenne d’ici 2030, un objectif qu’il juge réaliste malgré les doutes exprimés par certains analystes quant à la capacité du pays à éradiquer la corruption et mettre en œuvre les réformes exigées par Bruxelles. « Nous obtiendrons notre quatrième mandat et nous ne perdrons pas un seul jour pour l’Albanie 2030 dans l’UE », a-t-il déclaré lors de son dernier meeting.

Toutefois, le climat politique reste polarisé. De nombreux jeunes électeurs se montrent désillusionnés face à un paysage dominé depuis trois décennies par les mêmes figures. « Je voterai pour de nouveaux politiciens parce que des gens comme Rama et Berisha sont ici depuis trois décennies et ils ne font que se remplacer eux-mêmes », explique Arber Qazimi, 21 ans. D’autres, comme Erisa, étudiante en économie, renoncent même à voter, préférant chercher à émigrer comme des centaines de milliers d’Albanais ces dernières années.

Selon les derniers sondages, Rama devrait obtenir plus de 40 % des voix, mais il pourrait être contraint de former une coalition pour conserver la majorité des 140 sièges du Parlement. Malgré une croissance de plus de 4 % entre 2022 et 2024, l’Albanie reste confrontée à des inégalités sociales criantes et à une corruption alimentée par les revenus du crime organisé.

L’issue du scrutin déterminera si Rama conservera le pouvoir pour poursuivre son projet pro-européen ou si un changement politique s’amorcera enfin en Albanie.

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