Dépenses illégitimes : l’Assemblée nationale veut sanctionner Andy Kerbrat et Christine Engrand
Dépenses illégitimes : l’Assemblée nationale veut sanctionner Andy Kerbrat et Christine Engrand

L’Assemblée nationale s’apprête à frapper fort. Le bureau de l’institution a proposé mercredi 7 mai une exclusion de quinze jours pour les députés Andy Kerbrat (LFI) et Christine Engrand (ex-RN), accompagnée d’une suspension de la moitié de leur indemnité parlementaire pendant deux mois. Il s’agit de la sanction la plus sévère prévue par le règlement. Elle doit encore être validée dans l’hémicycle par un vote à main levée.

« Aucun usage détourné des moyens qui leur sont alloués pour l’exercice de leur mandat au service des Français ne saurait être toléré », a déclaré la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, saluant une décision adoptée à l’unanimité des membres du bureau, y compris ceux issus de La France insoumise. Pour la majorité des députés, cette réponse vise à réaffirmer un impératif d’exemplarité dans un contexte de méfiance croissante envers la classe politique.

Le cas d’Andy Kerbrat avait éclaté à l’automne 2024. Interpellé en possession de drogue dans le 18e arrondissement de Paris, le député de Loire-Atlantique avait admis souffrir d’une addiction sévère. S’il conteste avoir utilisé son compte dédié aux frais de mandat pour financer ses achats de stupéfiants, le déontologue de l’Assemblée a constaté plusieurs irrégularités dans ses dépenses entre juin 2022 et novembre 2024. Le parlementaire, actuellement en arrêt maladie, a remboursé 95 % des montants en question.

De son côté, Christine Engrand, élue du Pas-de-Calais, avait été épinglée en septembre par Mediapart pour avoir imputé sur son compte AFM des dépenses aussi personnelles qu’un abonnement à un site de rencontres, les frais de pension de ses chiens ou encore des dépenses funéraires. Elle a reconnu des erreurs, remboursé les sommes litigieuses, mais a été exclue définitivement du Rassemblement national en mars dernier.

Un signal politique fort

Malgré le remboursement des sommes indûment utilisées, les deux députés devraient subir une sanction publique, lourde de conséquences politiques. Pour Yaël Braun-Pivet, ces « cas isolés » n’en sont pas moins « dommageables pour l’image de la représentation nationale ». En pleine défiance citoyenne, l’Assemblée semble vouloir montrer qu’elle ne transige pas avec la probité.

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