Au lendemain de l’arrestation du narcotrafiquant Mohamed Amra en Roumanie, Gérald Darmanin a annoncé dimanche son intention de créer un « nouveau régime de détention » inspiré des lois italiennes contre la mafia. Le ministre de la Justice veut éviter que des criminels particulièrement dangereux puissent orchestrer des évasions violentes comme celle d’Amra en mai 2024, qui avait coûté la vie à deux agents pénitentiaires.
Le garde des Sceaux a confirmé qu’une prison de haute sécurité ouvrirait ses portes le 31 juillet prochain. Cet établissement, dont l’emplacement reste à déterminer, accueillera une centaine de détenus considérés comme les plus menaçants, placés sous isolement total et dans des conditions de surveillance renforcée pour empêcher toute communication extérieure. L’objectif est de rendre impossible l’introduction de téléphones portables, de drogue ou tout autre objet pouvant faciliter une évasion.
En parallèle, le ministre a également annoncé le doublement des places en semi-liberté et la création de petits établissements adaptés aux courtes peines, visant à mieux répartir les détenus et à améliorer les conditions de détention. Ces mesures doivent aussi permettre de renforcer la réinsertion des prisonniers les moins dangereux, tout en concentrant les efforts de sécurité sur les profils les plus préoccupants.
Le gouvernement prévoit également de généraliser l’usage de la visioconférence pour limiter les transferts de détenus, comme celui qui avait permis l’évasion de Mohamed Amra. Les syndicats pénitentiaires demandent depuis longtemps une révision des procédures de transfert, estimant qu’elles exposent les agents à des risques inutiles.
Enfin, Darmanin a confirmé que la loi contre le narcotrafic, prévue à l’Assemblée nationale le 17 mars, contiendra un volet spécifique sur les régimes carcéraux exceptionnels, inspirés des modèles italiens de lutte contre le crime organisé. Une réforme majeure qui vise à empêcher toute nouvelle affaire Amra à l’avenir.