Gérald Darmanin doit annoncer ce mercredi soir quelle prison accueillera les 100 narcotrafiquants les plus dangereux du pays. Le ministre de la Justice dévoilera son choix lors du journal télévisé de 20 Heures sur France 2, marquant ainsi une étape clé dans sa politique de lutte contre le grand banditisme et le trafic de drogue.
Quatre établissements sont en lice pour héberger ces détenus sous un régime carcéral ultra-sécurisé : Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), Saint-Maur (Indre), Alençon-Condé-sur-Sarthe (Sarthe) et Arles (Bouches-du-Rhône). Tous ont été visités ces dernières semaines par le ministre, qui souhaite renforcer les dispositifs de surveillance et d’isolement pour empêcher toute communication avec l’extérieur.
Cette nouvelle structure doit ouvrir d’ici le 31 juillet, avec une arrivée progressive des prisonniers dès mai et juin. D’importants travaux sont prévus pour améliorer les systèmes informatiques, limiter les communications et assurer un niveau de sécurité maximal. Gérald Darmanin a également insisté sur la nécessité de former les agents pénitentiaires, d’augmenter les effectifs dans les tribunaux, les hôpitaux, ainsi que les forces de l’ordre des zones concernées.
Le cas de Mohamed Amra, dont l’évasion sanglante en mai 2024 avait coûté la vie à deux surveillants pénitentiaires, a largement influencé cette décision. L’homme, récemment extradé de Roumanie, est actuellement détenu à Condé-sur-Sarthe, l’un des centres les plus sécurisés de France. Son profil illustre la nécessité de mesures exceptionnelles pour les détenus les plus dangereux.
Un nouveau régime carcéral, inspiré du modèle anti-mafia italien, sera appliqué à ces détenus. Parmi les mesures envisagées : fouilles intégrales après tout contact avec l’extérieur, parloirs équipés d’hygiaphone et accès limité au téléphone. Ces détenus pourront être soumis à ce régime pour une durée de quatre ans, renouvelable sur décision du ministre. Si ce projet est soutenu par une partie de la classe politique, il suscite aussi des critiques des associations de défense des droits des détenus, notamment l’Observatoire international des prisons, qui y voit des mesures « attentatoires aux droits fondamentaux ».