La coalition gouvernementale néerlandaise a volé en éclats mardi après que le leader d’extrême droite Geert Wilders a annoncé le retrait de son parti, le PVV, en raison de désaccords persistants sur la politique migratoire. Cette décision inattendue ouvre la voie à de probables élections anticipées et plonge les Pays-Bas dans une nouvelle période d’instabilité politique.
« Pas de signature sur nos projets d’asile. Le PVV quitte la coalition », a déclaré Wilders sur le réseau social X. Il a précisé avoir informé le Premier ministre Dick Schoof de la démission immédiate de tous les ministres issus de son parti. Le cabinet s’est réuni d’urgence dans l’après-midi, sans réaction immédiate du chef du gouvernement.
La coalition, formée en juillet dernier après des mois de tractations, réunissait le PVV et trois autres partis de droite. Elle peinait à trouver des compromis sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’immigration. Wilders réclamait un plan radical en dix points, incluant la fermeture des frontières aux demandeurs d’asile, le renvoi des réfugiés syriens et la suppression des centres d’accueil. Face au refus de ses partenaires d’adopter ces mesures, il a choisi de claquer la porte.
La réaction des autres membres de la coalition ne s’est pas fait attendre. « C’est irresponsable, ce n’est pas le moment de se retirer », a fustigé le ministre des Finances Eelco Heinen (VVD). Si certains envisagent encore la formation d’un gouvernement minoritaire, le scénario le plus probable reste l’organisation d’élections anticipées à l’automne, selon plusieurs analystes.
Cette crise survient alors que les tensions sur l’immigration et le coût de la vie alimentent la montée des partis d’extrême droite à travers l’Europe. Elle risque également de retarder des décisions cruciales, comme l’augmentation des dépenses de défense pour répondre aux exigences de l’OTAN. Un gouvernement intérimaire devrait donc accueillir les dirigeants mondiaux lors du sommet de l’alliance prévu ce mois-ci.
Le précédent gouvernement, dirigé par Mark Rutte, s’était déjà effondré en 2023 sur fond de discorde migratoire. Wilders avait alors remporté les élections législatives avec un score inédit de 23 %, sans pour autant réussir à s’imposer comme Premier ministre. Le poste avait été confié à Dick Schoof, un haut fonctionnaire indépendant.
Dans la rue, les réactions sont partagées. Certains électeurs espèrent un retour à un gouvernement plus modéré, d’autres soutiennent Wilders et souhaitent le voir prendre les pleins pouvoirs, à l’image de figures d’extrême droite dans d’autres pays occidentaux. Les sondages actuels placent le PVV et la coalition Travailliste/Verts au coude-à-coude, annonçant une bataille électorale serrée si le scrutin est confirmé.