Congrès du PS: Jérôme Guedj traite Jean-Luc Mélenchon de «salopard antisémite»
Congrès du PS: Jérôme Guedj traite Jean-Luc Mélenchon de «salopard antisémite»

Le congrès du Parti socialiste a été marqué par une violente sortie de Jérôme Guedj contre Jean-Luc Mélenchon. L’ancien député NUPES de l’Essonne, désormais en rupture totale avec La France insoumise, accuse le leader insoumis d’antisémitisme.

Une rupture profonde après le 7 octobre

Jérôme Guedj, longtemps favorable à l’union de la gauche sous la bannière de la NUPES après la présidentielle de 2022, a progressivement pris ses distances avec Jean-Luc Mélenchon. Le point de rupture est survenu à l’automne 2023, après l’attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Alors que de nombreuses forces politiques condamnaient fermement les violences du Hamas, LFI refusait de qualifier le mouvement islamiste de terroriste, évoquant « le contexte d’occupation ». Une position qui a immédiatement provoqué l’indignation de Guedj. « C’est une ligne politique indéfendable. Une honte. Un abandon moral », déclarait-il à l’époque. Il accusait Mélenchon et son entourage d’être les « idiots utiles du Hamas ».

Des propos chocs au congrès du PS

Au congrès national du Parti socialiste, organisé en juin 2025, Jérôme Guedj a franchi un nouveau cap. Devant une assemblée majoritairement hostile à toute reprise de dialogue avec LFI, il a déclaré sans détour : « Jean-Luc Mélenchon est un salopard antisémite. Ce n’est plus un débat politique, c’est une question de valeurs fondamentales. »

Un propos d’une rare violence dans les rangs de la gauche française, qui marque un point de non-retour entre les deux anciens alliés. Le terme « salopard », rarement utilisé dans une enceinte partisane, a suscité une onde de choc dans l’assistance. Aucune condamnation officielle n’a été émise par la direction du PS, mais de nombreux élus ont confié en privé « comprendre la colère de Guedj ».

Une fracture irréconciliable à gauche

Dans les mois qui ont suivi le 7 octobre, Guedj n’a eu de cesse de dénoncer ce qu’il perçoit comme une « dérive antisémite » de la rhétorique mélenchoniste. Sur Radio J, en mai 2024, il accusait déjà LFI de « relents nauséabonds », en référence à des propos jugés stigmatisants à l’encontre des Français juifs. « On m’a ramené à mes origines juives de manière très ciblée. Quand on parle de moi en disant “le sioniste”, ce n’est pas neutre. »

Il a également répété qu’aucune alliance électorale ou politique avec LFI ne serait possible à l’avenir, estimant que « les Insoumis sont devenus incompatibles avec les valeurs républicaines ».

Vers un nouveau paysage à gauche ?

Le discours de Jérôme Guedj cristallise une ligne de fracture grandissante à gauche. Alors que les élections législatives anticipées approchent, plusieurs figures du PS, d’EELV et du PCF cherchent à constituer une nouvelle alliance, sans LFI, pour porter une alternative de gauche « républicaine et humaniste ».

« Mélenchon n’est plus un partenaire. Il est devenu un problème », tranche un cadre socialiste.

Pour beaucoup au PS, le temps de la NUPES est définitivement révolu. Et la ligne de Jérôme Guedj semble de plus en plus partagée.

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