À deux jours de son incarcération à la prison de la Santé, François Hollande a réagi à la condamnation de son prédécesseur à l’Élysée. Invité de BFMTV ce dimanche, l’ancien président socialiste a exprimé à la fois compassion et distance, tout en réaffirmant son attachement à « l’indépendance de la justice ». Nicolas Sarkozy, condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans l’affaire des fonds libyens, doit être incarcéré ce mardi 21 octobre, devenant ainsi le premier ancien chef d’État français à purger une peine de détention effective.
« Je mesure ce que cette incarcération peut représenter pour un homme, et en plus, un homme qui a présidé la France », a déclaré François Hollande, ajoutant qu’il « mesure aussi ce que cela représente symboliquement pour les Français ». Des mots rares de la part de celui qui fut son rival politique, laissant entrevoir une forme de solidarité institutionnelle entre deux anciens présidents.
Compassion personnelle mais défense de la justice
Mais le ton se veut mesuré. François Hollande refuse tout commentaire sur la décision de justice elle-même : « Ce n’est pas à moi de juger. Il faut avoir une conception de la justice qui est celle de son indépendance, donc ne pas l’attaquer. » Une réponse directe aux critiques de Nicolas Sarkozy, qui a dénoncé dans la presse « la haine des juges » et une « décision qui viole l’État de droit ». Pour Hollande, la ligne est claire : « La justice doit être respectée, mais on ne doit pas ignorer la dimension humaine de ses décisions. »
Dans un entretien parallèle accordé à La Tribune Dimanche, Nicolas Sarkozy a pour sa part assuré qu’il « garderait la tête haute, y compris devant les portes de la Santé ». Une manière de préparer l’opinion à un moment sans précédent dans la vie politique française : la détention d’un ancien président de la République.