Le Parti libéral canadien tourne une page historique ce dimanche avec l’élection du successeur de Justin Trudeau. Après une décennie au pouvoir, le Premier ministre démissionnaire laisse derrière lui un paysage politique bouleversé par la crise économique et une confrontation inédite avec Donald Trump.
Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, apparaît comme le grand favori du scrutin interne. Malgré son absence d’expérience politique, son profil de gestionnaire rassure dans un pays où la guerre tarifaire déclenchée par Washington a ravivé les tensions économiques. Face à lui, Chrystia Freeland, ex-ministre des Finances et cheffe de file des négociations commerciales avec les États-Unis, met en avant sa capacité à s’opposer frontalement au président américain.
Depuis l’annonce des sanctions commerciales imposées par Trump, les libéraux, pourtant en perte de vitesse, ont regagné du terrain dans les sondages. Ce retournement de situation pourrait convaincre le futur chef du parti de provoquer des élections anticipées, alors que les conservateurs de Pierre Poilievre, jugés trop proches de l’administration Trump, perdent du terrain.
L’hostilité croissante des Canadiens envers les États-Unis – perçus par un tiers d’entre eux comme une menace – marque un tournant historique dans la politique du pays. Le nouveau Premier ministre devra gérer une relation diplomatique dégradée avec son puissant voisin tout en apaisant les tensions internes liées à la crise économique.
Alors que Justin Trudeau quitte la scène politique, son héritage reste incertain. Parti en pleine tourmente, il pourrait cependant voir son successeur capitaliser sur la dynamique anti-Trump qu’il a contribué à raviver.