Les députés ont vécu mercredi une séance mouvementée autour du budget de la Sécurité sociale, marquée par l’adoption en première lecture d’un nouveau « congé de naissance ». Cette mesure, qui s’ajoutera aux congés maternité et paternité, permettra aux parents de bénéficier chacun d’un à deux mois supplémentaires pour accueillir un enfant, avec une indemnisation fixée ultérieurement par décret. Plusieurs amendements transpartisans ont avancé l’entrée en vigueur à janvier 2026 et précisé que les parents devront prendre au moins un mois de congé séparément, pour favoriser un meilleur partage des tâches.
Une journée tendue sur les retraites et un vote qui n’a jamais eu lieu
Mais cette avancée sociale a été éclipsée par la bataille politique autour de la suspension de la réforme des retraites. L’Assemblée nationale a validé la mesure voulue par le gouvernement, fruit d’un compromis avec le Parti socialiste, mais vivement contestée par La France insoumise, qui y voit une « arnaque » ne repoussant la réforme que d’un an. Les débats ont ensuite dégénéré en fin de soirée : rappels au règlement, accusations de blocage, interruptions de séance à répétition… La gauche insoumise a accusé les ministres de faire durer les discussions pour éviter un vote final.
À minuit, faute d’accord et sous la contrainte des délais constitutionnels, les débats ont été stoppés net. Le texte, toujours en cours d’examen et comportant près de 300 amendements non étudiés, a été automatiquement transmis au Sénat. Malgré l’absence de vote final, les modifications adoptées ces derniers jours (suspension des retraites, aménagements sur la CSG, suppressions de taxes, baisse des cotisations sur les heures supplémentaires) seront bien intégrées dans la version envoyée au Palais du Luxembourg.
La suite du parcours promet d’être tout aussi incertaine : le Sénat, majoritairement à droite, a déjà annoncé qu’il rétablirait la réforme des retraites. Et si aucun compromis n’est trouvé entre les deux chambres, le gouvernement pourrait, en dernier recours, recourir aux ordonnances pour faire adopter le budget de la Sécurité sociale, un scénario inédit sous la Ve République.