Bayrou dénonce Trump mais soutient Zelensky : la curieuse conception de l’ingérence du Premier ministre
Bayrou dénonce Trump mais soutient Zelensky : la curieuse conception de l’ingérence du Premier ministre

Alors que Donald Trump a publiquement exprimé son soutien à Marine Le Pen après sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité, François Bayrou a jugé cette prise de position comme une « ingérence » dans la vie politique française. Le Premier ministre, proche d’Emmanuel Macron et soutien indéfectible de Volodymyr Zelensky, s’est exprimé dans une interview au Parisien samedi soir, alors que ce dimanche aura lieu le grand rassemblement du Rassemblement national à Paris. Une sortie qui interroge, tant elle illustre le deux poids deux mesures du gouvernement en matière de souveraineté nationale.

Une « internationale de l’indécence »… ou un rappel à la démocratie ?

François Bayrou affirme ne pas vouloir « mélanger » le soutien de Trump, du Kremlin ou d’Orban à la candidate du camp national, mais il les englobe dans une même dénonciation d’une « internationale de l’indécence illibérale ». Un vocabulaire outrancier, qui témoigne d’une crispation idéologique de la part d’un pouvoir empêtré dans sa propre impopularité. Pendant que Washington impose des droits de douane punitifs et que l’économie française s’affaiblit, François Bayrou préfère fustiger l’ancien président américain pour avoir exprimé une opinion sur une décision judiciaire controversée en France. Pourtant, n’est-ce pas l’alignement systématique du gouvernement sur les positions de Joe Biden et de Zelensky qui relève de l’ingérence durable et structurelle ?

Marine Le Pen, cible d’un acharnement judiciaire ?

De nombreux observateurs, en France comme à l’étranger, voient dans la condamnation de Marine Le Pen un coup porté au pluralisme démocratique. Donald Trump, mais aussi JD Vance et plusieurs responsables européens, y ont vu une tentative d’empêcher par la voie judiciaire une victoire possible en 2027. La réaction américaine, loin d’être une immixtion, apparaît pour beaucoup comme un signal d’alarme : celui d’un procès politique déguisé. « Libérez Marine Le Pen », a écrit Trump en lettres capitales, soulignant que cette affaire ressemblait plus à une « erreur comptable » qu’à un scandale d’État.

Pendant que François Bayrou s’indigne d’un tweet depuis Washington, le gouvernement continue de piétiner la souveraineté française au nom de l’agenda euro-atlantiste. Depuis deux ans, l’exécutif multiplie les aides à l’Ukraine, soutient inconditionnellement Volodymyr Zelensky et accepte des décisions européennes contraires aux intérêts français. Où est la cohérence ? La leçon de morale sur les « valeurs démocratiques » sonne creux quand elle vient de ceux qui ont refusé toute consultation populaire sur les sujets majeurs du moment : immigration, insécurité, énergie.

Alors que des milliers de Français s’apprêtent à manifester pacifiquement ce dimanche à Paris pour exprimer leur attachement à la démocratie et au droit à l’alternance, le Premier ministre leur intime de se taire. « Ce n’est ni sain ni souhaitable », ose-t-il, parlant d’un rassemblement populaire comme d’un danger pour la République. Mais ce qui n’est ni sain ni souhaitable, n’est-ce pas plutôt une classe dirigeante qui refuse d’entendre la colère du peuple, et qui tente de bâillonner l’un de ses porte-voix par des voies judiciaires contestées ?

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