Quelques heures après avoir utilisé l’article 49.3 pour faire adopter sans vote le budget de l’État, François Bayrou a de nouveau engagé la responsabilité de son gouvernement ce lundi 3 février sur le budget de la Sécurité sociale. Une décision qui n’a pas tardé à provoquer la colère de l’opposition, La France insoumise annonçant immédiatement le dépôt d’une motion de censure.
Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, a dénoncé un passage en force du gouvernement sur « le budget le plus austéritaire depuis 25 ans », pointant du doigt les coupes budgétaires dans l’éducation, la santé et l’écologie. Soutenue par les écologistes et les communistes, cette motion vise à sanctionner l’usage répété du 49.3, mais son adoption reste incertaine.
Le Parti socialiste, de son côté, a déjà fait savoir qu’il ne soutiendrait pas cette tentative de renverser le gouvernement. Quant au Rassemblement national, il entretient encore le flou sur sa position, même si une alliance avec LFI semble peu probable.
Si la motion échoue, les budgets de l’État et de la Sécurité sociale seront définitivement adoptés, permettant à François Bayrou d’éviter une crise immédiate. Mais le Premier ministre n’en a pas fini avec le 49.3 : d’autres recours sont prévus cette semaine sur les derniers volets du projet de loi de finances. Une séquence sous haute tension pour Matignon, où chaque vote peut faire basculer l’équilibre fragile du gouvernement.