Le gouvernement présentera ce mercredi 30 avril une réforme du financement de l’apprentissage dans le but de réduire les dépenses publiques. L’État prévoit jusqu’à 755 millions d’euros d’économies dès cette année, notamment via l’instauration d’un reste à charge de 750 euros pour les employeurs recrutant des apprentis en bac+3 et plus, à partir du 1er juillet. Cette décision marque un tournant dans une politique longtemps portée à bout de bras par des primes et des subventions massives.
Un dispositif à bout de souffle budgétaire
Le succès fulgurant de l’apprentissage – passé de 290 000 à 854 000 contrats signés entre 2017 et 2024 – a mis à mal les finances publiques. Faute de financement pérenne, l’État a dû injecter 1,3 milliard d’euros en 2024 pour combler les manques de France compétences. Désormais, le gouvernement veut réduire les niveaux de prise en charge, plafonner les aides à 12 000 euros et encadrer les dépenses de communication des CFA.
D’autres mesures de rationalisation sont annoncées : subventions journalières aux CFA (et non mensuelles), coup de rabot de 20 % sur les formations à distance, et lutte renforcée contre la fraude. À cela s’ajoute la mise en place d’un système de forfaits « pivots » par métier, ajustables dans une fourchette de ±20 % selon les priorités définies par les branches et l’État.
Un arbitrage encore en cours pour les Outre-mer
Le maintien des subventions aux CFA gérés par les régions est finalement acté, mais la revalorisation des aides pour les établissements d’outre-mer reste en discussion. Le gouvernement assure vouloir maintenir la dynamique de l’apprentissage, tout en évitant une explosion incontrôlée de son coût.