Aide médicale d'État (AME) : passe d’armes entre Marine Le Pen et Alexis Corbière à l’Assemblée
Aide médicale d'État (AME) : passe d’armes entre Marine Le Pen et Alexis Corbière à l’Assemblée

En pleine discussion du budget de la Sécurité sociale, le débat sur l’Aide médicale d’État (AME) embrase une nouvelle fois l’hémicycle. Le dispositif, qui offre une couverture santé gratuite à 100 % aux étrangers en situation irrégulière après trois mois de présence sur le territoire, continue de diviser les députés.

Alors que le Rassemblement national défend sa suppression et propose une « aide médicale d’urgence » limitée aux soins vitaux, hier soir, samedi 8 novembre, le Palais-Bourbon fut le théâtre d’échanges particulièrement houleux entre Marine Le Pen et Alexis Corbière. Le député de gauche a accusé le RN de « racisme », tandis que la présidente du groupe a dénoncé « une exception française coûteuse et injuste pour les contribuables ».

« Il n’y a pas un seul pays au monde qui met en place la gratuité totale des médicaments pour ceux qui sont en situation illégale, alors que ceux qui cotisent paient eux-mêmes leurs cotisations et leurs franchises. Monsieur Corbière, il n’y a pas un seul pays en Europe qui met en place l’AME. »

Une affirmation confirmée par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, dans un rapport publié en août 2025 intitulé L’Aide médicale de l’État : une singularité française en Europe. Ce document souligne que la France est le seul pays européen à accorder un panier de soins aussi complet, gratuit et sans reste à charge pour des personnes en situation irrégulière, là où les autres pays européens limitent l’accès aux seuls soins d’urgence.

Selon l’OID, le nombre de bénéficiaires de l’AME a triplé en moins de vingt ans, passant de 155 000 en 2004 à près de 480 000 en 2024, pour un coût dépassant 1,3 milliard d’euros. L’étude note également une hausse de 72 % des dépenses depuis 2012 et une « migration pour soins » non négligeable, certains étrangers citant les soins gratuits comme motif de leur venue.

À droite, plusieurs élus réclament une transformation du dispositif en Aide médicale d’urgence (AMU), limitée aux soins vitaux. Marine Le Pen défend cette ligne :

« Il faut cesser de financer un système à deux vitesses : celui où les Français cotisent pendant que d’autres, entrés illégalement, bénéficient de tout gratuitement. »

Et l’opinion publique lui donne raison. L’AME reste le symbole d’une dérive budgétaire et politique qui choque de plus en plus de Français, alors que le pays s’endette à un rythme record. Selon un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD, réalisé en octobre 2024, 57 % des Français souhaitent purement et simplement la suppression de l’Aide médicale d’État. Un chiffre révélateur d’un ras-le-bol croissant face à un dispositif jugé injuste, coûteux et déconnecté des priorités nationales.

Que retenir rapidement ?

En pleine discussion du budget de la Sécurité sociale, le débat sur l’Aide médicale d’État (AME) embrase une nouvelle fois l’hémicycle. Le dispositif, qui

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