Les agriculteurs français n’entendent pas baisser les bras face à l’Union européenne, qu’ils accusent de sacrifier leur avenir au nom du libre-échange. Ce mercredi 22 janvier, à Strasbourg, devant le Parlement européen, la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs et plusieurs associations partenaires organiseront un rassemblement pour dénoncer l’accord UE-Mercosur, perçu comme une menace directe pour les producteurs français.
Sous couvert d’intensifier les échanges commerciaux entre l’Europe et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Bolivie), cet accord de libre-échange viendrait, selon eux, accentuer une concurrence déloyale insupportable. Les produits agricoles venus d’Amérique latine, souvent soumis à des normes environnementales et sanitaires bien moins exigeantes que celles imposées aux agriculteurs français, pourraient inonder le marché européen à des prix cassés. « Le Mercosur serait une catastrophe pour les filières françaises du bœuf, des volailles, des betteraves et du miel », martèlent les syndicats agricoles.
Alors que le président Emmanuel Macron s’est prononcé contre cet accord, la Commission européenne, par la voix d’Ursula Von der Leyen, continue de le soutenir avec insistance. Pour les agriculteurs, cette position de Bruxelles démontre une déconnexion totale avec les réalités des campagnes européennes, où les exploitations subissent déjà les effets de la mondialisation et des exigences administratives toujours plus lourdes.
« L’Union européenne est en train de tuer nos producteurs au profit d’un libre-échange sans âme », dénonce un représentant des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. À ses yeux, cet accord mettrait en péril la souveraineté alimentaire française et européenne, en livrant les consommateurs à des produits importés issus d’une agriculture moins respectueuse des normes environnementales et sociales.
Face à ce qu’ils considèrent comme une trahison de l’Europe envers ses propres paysans, les manifestants espèrent faire entendre leur voix et obtenir une minorité de blocage au sein du Parlement européen. Car pour eux, défendre l’agriculture française, c’est défendre un modèle d’excellence, une autonomie alimentaire, et, surtout, un mode de vie que l’Union européenne semble prête à sacrifier sur l’autel de la mondialisation.