L’ancien Premier ministre Édouard Philippe a sévèrement critiqué le conclave organisé par François Bayrou sur la réforme des retraites, le qualifiant de « hors-sol » et de « totalement dépassé ». Dans un entretien au Figaro, il estime que les défis économiques et géopolitiques actuels rendent inenvisageable un retour sur l’âge légal de départ à la retraite fixé à 64 ans. Selon lui, plutôt que de revenir sur une réforme déjà votée, il faudrait engager un débat plus large sur l’adaptation du système de retraites aux impératifs de financement public et de compétitivité économique.
Farouche partisan d’une réforme de grande ampleur, Édouard Philippe annonce qu’il présentera un nouveau projet en 2026, dans la perspective de la présidentielle de 2027. Son modèle reposerait sur un système simplifié, structuré autour de trois régimes distincts : un pour les salariés du privé, un pour les agents publics et un pour les indépendants. Il plaide également pour un financement équilibré, excluant tout recours à la dette publique et intégrant des solutions complémentaires à la répartition, jugée insuffisante face aux évolutions démographiques.
Pour l’ancien locataire de Matignon, la priorité ne doit pas être un assouplissement des règles, mais bien un allongement du temps de travail sous différentes formes : davantage d’heures hebdomadaires, plus de jours travaillés dans l’année, et un départ à la retraite plus tardif. « Pour préserver notre modèle démocratique et social, il faudra travailler plus », insiste-t-il. Il laisse entendre qu’un relèvement progressif de l’âge de départ au-delà de 64 ans sera nécessaire à moyen terme, sans préciser de seuil précis.
Édouard Philippe, qui entend se repositionner comme un acteur clé du débat présidentiel, ne cache pas son scepticisme face aux hésitations du gouvernement actuel. Selon lui, la France souffre d’un immobilisme politique au moment où des réformes structurelles sont plus nécessaires que jamais. Son projet pour 2027 s’annonce donc comme une rupture avec le système actuel, en misant sur la rigueur budgétaire et la compétitivité, tout en cherchant à préserver un niveau de solidarité important dans le système de retraites.