Une foule immense rend un dernier hommage à Khaleda Zia au Bangladesh
Une foule immense rend un dernier hommage à Khaleda Zia au Bangladesh

Des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées mercredi à Dacca pour assister aux prières funéraires de Khaleda Zia, ancienne Première ministre du Bangladesh, décédée la veille à l’âge de 80 ans après une longue maladie. Dès l’aube, des foules venues de la capitale et de régions rurales ont convergé vers l’avenue Manik Mia, aux abords du Parlement national, certains après avoir voyagé toute la nuit.

Beaucoup de participants, en larmes, qualifiaient Khaleda Zia de « mère de la nation ». À plusieurs kilomètres du site principal, des rues entières étaient noires de monde, les fidèles priant à ciel ouvert faute de place. Les autorités ont évoqué une affluence exceptionnelle, reflet de l’influence durable de l’ancienne dirigeante.

Un hommage national et régional

La cérémonie a également pris une dimension diplomatique. Des délégations officielles venues d’Inde, du Pakistan, du Sri Lanka, du Népal et du Bhoutan étaient présentes, tandis que des représentants de 32 pays auraient assisté aux funérailles. Le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a rencontré le fils aîné de Khaleda Zia, Tarique Rahman, pour lui remettre une lettre personnelle du Premier ministre indien Narendra Modi.

Khaleda Zia a été enterrée en fin d’après-midi avec les honneurs de l’État, aux côtés de son époux, l’ancien président Ziaur Rahman, assassiné lors d’un coup d’État militaire en 1981. Une garde d’honneur militaire a salué le cortège funèbre, tandis que son cercueil, recouvert du drapeau national, était transporté sous haute sécurité.

Figure centrale de la vie politique bangladaise pendant plus de quatre décennies, Khaleda Zia s’était imposée après la mort de son mari comme cheffe de l’opposition face à un régime militaire, avant de devenir Première ministre en 1991 à l’issue d’élections démocratiques marquant le retour du parlementarisme. Elle a dirigé le pays à trois reprises et est restée jusqu’à sa mort à la tête du Bangladesh Nationalist Party.

Sa rivalité politique avec Sheikh Hasina a structuré la vie politique du Bangladesh pendant des années. Hasina, renversée en 2024 lors d’un soulèvement populaire après quinze ans au pouvoir, vit aujourd’hui en exil en Inde et a été condamnée à mort en novembre pour crimes contre l’humanité liés à ces événements.

Le gouvernement intérimaire dirigé par Muhammad Yunus a décrété trois jours de deuil national et fait de mercredi un jour férié. Les drapeaux ont été mis en berne dans tout le pays en hommage à celle qui fut la première femme à diriger le Bangladesh.

Tarique Rahman, désormais chef par intérim du parti de sa mère, apparaît comme le favori des prochaines élections législatives prévues en février, dans un pays encore marqué par de profondes fractures politiques mais rassemblé, le temps d’une journée, autour de la mémoire de Khaleda Zia.

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