Omar Harfouch défend Hinaupoko Devèze et tacle ses détracteurs: "Des moralistes et inquisiteurs de circonstance." (DR)
Omar Harfouch défend Hinaupoko Devèze et tacle ses détracteurs: « Des moralistes et inquisiteurs de circonstance. » (DR)

La participation de la nouvelle Miss France, Hinaupoko Devèze, à un clip de rap tourné plusieurs années avant son élection continue d’alimenter le débat. Dans cette vidéo, réalisée alors qu’elle travaillait comme mannequin, la jeune femme apparaissait brièvement dans un décor associé à l’univers festif et provocateur du rap. Depuis sa couronne, certains observateurs se servent de ces images pour remettre en cause son exemplarité, déclenchant une polémique largement relayée sur les réseaux sociaux.

Omar Harfouch fustige une « non-affaire »

Face à ces critiques,Omar Harfouch, ancien membre du jury de Miss Univers qui a eu le courage de dénoncer le scandale de la triche, s’est confié à Entrevue et a pris fermement position. Omar Harfouch estime qu’il est « profondément injuste et opportuniste de critiquer la nouvelle Miss France, qui vient de Tahiti, pour avoir participé, il y a quelques années, à un clip en tant que mannequin ».

Il rappelle qu’être « mannequin est un métier », une profession artistique, et qu’à ce titre, les modèles « défilent, tournent dans des publicités, des films, des clips ». Selon lui, ces professionnelles ne sont ne sont « ni tenues ni en mesure de vérifier les opinions politiques des créateurs, des réalisateurs ou des chanteurs avant d’accepter un contrat professionnel. »

Omar Harfouch dénonce une attitude moralisatrice qui vise davantage à accabler la jeune femme qu’à analyser les faits avec objectivité. « Juger aujourd’hui une jeune femme, devenue Miss France, pour une participation artistique ancienne, innocente et professionnelle, relève d’une posture moralisatrice et donneuse de leçons », estime-t-il, dénonçant au passage les «moralistes et inquisiteurs de circonstances». Omar Harfouch insiste sur le fait que ces reproches en disent beaucoup plus «sur ceux qui la critiquent que sur elle». Selon lui, la nouvelle Miss France mérite « respect et soutien pour son parcours exemplaire ».

Omar Harfouch dénonce également la mise à l’écart de Cindy Fabre

Par ailleurs, Omar Harfouch a également évoqué une autre polémique : l’absence remarquée de Cindy Fabre lors de la cérémonie. Il regrette le « black-listage » de Miss France 2005 et s’interroge sur les pratiques internes qui conduisent à écarter certaines personnalités pourtant liées à l’histoire du concours. Il déplore qu’au sein de l’organisation, certains puissent exercer une forme de «droit de vie ou de mort» sur les Miss, comme l’affirmait Cindy Fabre elle-même, une situation qu’il juge préjudiciable tant pour l’image de l’institution que pour les femmes qui en ont été les ambassadrices.

Un débat révélateur des tensions autour de l’image des Miss

Cette affaire, selon Omar Harfouch, révèle un climat de jugement permanent autour des candidates, mises sous surveillance médiatique pour chaque geste, chaque parole et même chaque projet professionnel passé. Le débat sur le clip de rap ou sur les exclusions internes interroge la manière dont la société projette sur Miss France une image idéalisée, parfois déconnectée de la réalité des parcours individuels.

Dans ce contexte, l’appel à la mesure et au respect lancé par Omar Harfouch vise à recentrer l’attention sur la vocation initiale du concours : célébrer des femmes engagées, issues d’horizons différents, et non les condamner pour des choix professionnels antérieurs qui ne définissent en rien leur valeur ou leur avenir.

Omar Harfouch conclue en s’étonnant du paradoxe dont font preuve bon nombre de Français, qui d’un côté critiquent un concours devenu « ringard », tout en critiquant vivement une Miss dès qu’elle vit avec son temps…

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