La Chine et Taïwan ont intensifié mardi leur affrontement verbal sur le statut de l’île, s’opposant sur des interprétations divergentes de l’histoire et du droit international. Pékin a affirmé qu’il était impossible pour la Chine « d’envahir » Taïwan, car l’île fait déjà partie intégrante de son territoire selon son point de vue.
Ce regain de tension survient après une série de discours du président taïwanais Lai Ching-te, qui a réaffirmé la souveraineté de l’île et contesté les revendications historiques de la Chine. Lai a déclaré que Taïwan est « bien sûr un pays » et que la Chine « n’a aucun fondement historique ou juridique pour revendiquer » sa souveraineté sur l’île. Il prévoit de tenir une série de dix interventions sur la question de l’unité nationale.
En réponse, la porte-parole du Bureau des affaires de Taïwan à Pékin, Zhu Fenglian, a dénoncé ces propos comme des provocations indépendantistes, promettant des « contre-mesures résolues ». Elle a rappelé que, malgré l’absence de réunification formelle, le lien entre les deux rives du détroit de Taïwan repose sur une « réalité historique et juridique » inaltérable selon laquelle Taïwanais et Chinois « forment un seul et même peuple ».
La montée des tensions s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes exercées par la Chine sur Taïwan depuis plusieurs années. Pékin a renforcé ses activités militaires autour de l’île, menant régulièrement des manœuvres à proximité de l’espace maritime et aérien taïwanais. Les autorités chinoises ont par ailleurs exprimé leur hostilité ouverte envers le président Lai, qualifié de « séparatiste dangereux ».
Les divergences s’expriment aussi autour des commémorations historiques. À l’approche d’un anniversaire clé de la Seconde Guerre mondiale, Pékin accuse Taipei de manipuler les récits historiques à des fins politiques, un point sensible qui alimente davantage les tensions identitaires entre les deux parties.
Les autorités taïwanaises ont réagi en réaffirmant que seul le peuple taïwanais est habilité à décider de son avenir, rejetant toute tentative d’ingérence de Pékin dans le processus démocratique insulaire. Alors que la situation demeure tendue, la communauté internationale observe avec inquiétude cette confrontation qui pourrait à terme dégénérer en conflit armé si les menaces d’annexion par la force se concrétisent.