Des centaines d’hommes auraient disparu à la suite de la chute de la ville d’Al-Fashir, dans la région du Darfour, passée récemment sous le contrôle des Forces de soutien rapide (FSR), ont rapporté vendredi plusieurs témoins et organisations locales.
Selon les témoignages recueillis par Reuters, des exécutions sommaires auraient eu lieu près d’un réservoir situé à la périphérie de la ville. Des habitants ont affirmé avoir vu des combattants paramilitaires rassembler des hommes soupçonnés d’avoir collaboré avec l’armée soudanaise avant de les abattre. Les familles des victimes présumées déclarent être sans nouvelles de leurs proches depuis plusieurs jours.
Les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de « Hemedti », ont nié toute responsabilité dans ces exécutions, affirmant que leurs troupes respectaient le droit humanitaire et qu’une enquête interne serait ouverte.
La prise d’Al-Fashir, dernier bastion stratégique des forces régulières dans le Darfour, marque une étape majeure dans la guerre civile qui déchire le Soudan depuis plus d’un an. Cette victoire des paramilitaires renforce la partition de facto du pays, déjà divisé entre les zones tenues par l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan et celles contrôlées par les FSR.
Les organisations humanitaires s’alarment de la détérioration rapide de la situation. Des milliers de civils continuent de fuir vers le Tchad voisin, tandis que les agences de l’ONU évoquent un risque de famine généralisée dans l’ouest du Soudan.