La Russie semble se préparer à tester son missile de croisière à propulsion nucléaire 9M730 Burevestnik, selon des experts américains et une source sécuritaire occidentale, à seulement deux jours des discussions prévues entre Vladimir Poutine et Donald Trump sur l’Ukraine. Les préparatifs seraient en cours sur le site d’essai de Pankovo, situé dans l’archipel de Novaya Zemlya, en mer de Barents.
Jeffrey Lewis, chercheur à l’Institut d’études internationales de Middlebury en Californie, et Decker Eveleth, analyste au CNA en Virginie, ont mené leurs évaluations indépendamment en analysant des images satellites récentes prises par la société commerciale Planet Labs. Les clichés, datés de ces dernières semaines, montrent une forte activité sur le site : arrivée massive de fournitures, augmentation du personnel sur place, ainsi que la présence accrue de navires et d’avions.
Selon les deux chercheurs, ces mouvements sont similaires à ceux observés lors de précédents essais du Burevestnik, un missile que Moscou présente comme capable de contourner tout système de défense existant grâce à sa portée illimitée et sa propulsion nucléaire. « Nous pouvons voir toute l’activité sur le site, qui correspond à la fois à d’énormes quantités de fournitures arrivant pour soutenir les opérations et à des mouvements à l’endroit où ils lancent réellement le missile », a expliqué Lewis.
Le Burevestnik, surnommé Storm Petrel par l’OTAN, affiche toutefois un bilan technique mitigé : sur treize essais connus, seuls deux auraient été partiellement réussis. Malgré ces revers, le président russe Vladimir Poutine affirme que ce missile est invincible face aux défenses antimissiles occidentales.
Cette montée en activité intervient alors que Poutine doit rencontrer Trump vendredi en Alaska pour discuter de la guerre en Ukraine. L’éventuel test d’un tel missile, dans ce contexte diplomatique tendu, pourrait être perçu comme un signal de fermeté envoyé à Washington et à ses alliés de l’OTAN.