BRUXELLES – Malgré quelques avancées, l’Union européenne tire la sonnette d’alarme sur la persistance de graves entraves aux opérations humanitaires dans la bande de Gaza. Selon une évaluation présentée mercredi soir aux États membres, les efforts déployés depuis l’accord conclu avec Israël le mois dernier ne suffisent pas à répondre à la profondeur de la crise humanitaire.
Un responsable européen ayant assisté au briefing a indiqué à Reuters que des progrès avaient bien été enregistrés ces dernières semaines, notamment en ce qui concerne l’acheminement de carburant, la réouverture partielle de certaines routes essentielles, la réparation de quelques infrastructures critiques et une légère augmentation du nombre de camions d’aide autorisés à entrer dans l’enclave. Toutefois, ces améliorations restent limitées face à l’ampleur des besoins.
« La situation humanitaire à Gaza demeure extrêmement préoccupante », a déclaré le responsable sous couvert d’anonymat. Il a ajouté que plusieurs « facteurs d’obstruction majeurs » continuent de compromettre sérieusement les opérations de secours, sans pour autant préciser s’il s’agissait de blocages logistiques, administratifs ou politiques.
L’Union européenne avait négocié en juillet un accord avec Israël destiné à faciliter l’accès de l’aide humanitaire à Gaza, en particulier via le point de passage de Rafah à la frontière égyptienne. Cet engagement prévoyait une coordination renforcée, une réduction des délais de contrôle et un soutien logistique accru pour les ONG opérant sur le terrain.
Cependant, les rapports transmis à Bruxelles par les services humanitaires de l’UE montrent que les retards persistent, que les convois sont souvent entravés, et que la sécurité reste une préoccupation constante pour les travailleurs humanitaires.
L’UE appelle à une mise en œuvre plus efficace des engagements pris et exhorte toutes les parties à garantir un accès sûr, rapide et sans entrave à l’aide pour les civils pris au piège du conflit. Pour l’instant, les besoins en nourriture, en eau potable, en soins médicaux et en électricité dépassent de loin les capacités d’intervention autorisées sur le terrain.