L’Organisation des Nations unies et les États-Unis ont annoncé vendredi de nouvelles sanctions visant deux hommes clés du chaos sécuritaire haïtien : Kempes Sanon, chef du gang de Bel Air à Port-au-Prince, et Dimitri Hérard, ancien responsable de la sécurité du palais présidentiel au moment de l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté à l’unanimité la prolongation du régime de sanctions imposé à Haïti, dans le but de freiner l’expansion des groupes armés qui contrôlent désormais une grande partie de la capitale. Ces sanctions incluent des interdictions de voyage, des gels d’avoirs et un embargo sur les armes, destinés à couper les financements et les approvisionnements des gangs.
Kempes Sanon, à la tête du gang de Bel Air, est accusé d’avoir orchestré des enlèvements, des extorsions et des meurtres dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince. Dimitri Hérard, lui, aurait joué un rôle dans la désorganisation des forces de sécurité à la suite de la mort de Jovenel Moïse, avant de s’évader d’une prison surpeuplée lors d’une mutinerie en 2024.
Ces sanctions surviennent alors que la situation humanitaire en Haïti demeure catastrophique. Les violences entre gangs et forces de l’ordre ont déjà fait plusieurs milliers de morts et forcé plus de 1,3 million de personnes à fuir leurs foyers. Les zones rurales et portuaires sont désormais touchées à leur tour, ce qui complique encore la distribution de l’aide internationale.
Les Nations unies espèrent que cette nouvelle série de mesures permettra de freiner la circulation d’armes dans le pays. Cependant, plusieurs observateurs soulignent que les trafics continuent d’alimenter les gangs, notamment par les ports clandestins de Floride et par la frontière dominicaine.
Malgré la présence de missions internationales d’appui à la sécurité, le gouvernement haïtien peine toujours à reprendre le contrôle du territoire. Ces sanctions représentent donc, selon un diplomate onusien cité par Reuters, « un signal fort, mais insuffisant », face à un système criminel profondément enraciné dans les institutions et les circuits économiques du pays.