La Chine aurait apporté un soutien direct au Pakistan lors du conflit armé de mai dernier avec l’Inde, en fournissant des « informations en direct » sur les positions militaires indiennes, a déclaré vendredi le chef adjoint de l’armée indienne, le lieutenant-général Rahul Singh. Cette révélation, faite lors d’un événement dédié à l’industrie de la défense à New Delhi, jette une lumière nouvelle sur l’ampleur des alliances régionales lors de l’affrontement le plus grave entre New Delhi et Islamabad depuis plusieurs décennies.
D’après Rahul Singh, le Pakistan aurait agi comme la « face avant » du conflit, tandis que la Chine se serait positionnée comme un soutien tactique et stratégique en arrière-plan. « Lorsque les discussions entre directeurs généraux des opérations militaires avaient lieu, les responsables pakistanais déclaraient déjà connaître la position de certains vecteurs clés… ces informations provenaient en temps réel de la Chine », a-t-il affirmé.
Le conflit de mai, qui s’est étalé sur quatre jours, a été déclenché par une attaque meurtrière contre des touristes hindous dans la région disputée du Cachemire. New Delhi a rapidement accusé Islamabad d’être derrière cette offensive, ce que le Pakistan a catégoriquement nié. Les échanges qui ont suivi ont vu les deux puissances nucléaires engager missiles, drones et artillerie dans un affrontement qui a fait craindre une escalade bien plus large avant l’acceptation d’un cessez-le-feu.
Le rôle supposé de la Chine, alliée traditionnelle du Pakistan, renforce les inquiétudes stratégiques de l’Inde sur un front de plus en plus complexe et multilatéral. Rahul Singh a notamment appelé à des « améliorations urgentes » des systèmes de défense aérienne du pays, soulignant la nécessité pour l’Inde de se préparer à une guerre hybride impliquant plusieurs adversaires dotés de capacités technologiques avancées.
Outre la Chine, la Turquie aurait également joué un rôle indirect dans le conflit, selon les autorités indiennes. Ankara aurait fourni au Pakistan des drones de combat ainsi que du personnel technique, contribuant à renforcer l’efficacité opérationnelle de l’armée pakistanaise.
Ces allégations risquent de tendre davantage les relations régionales déjà fragiles entre l’Inde, la Chine et le Pakistan. Si aucune réaction officielle n’a encore été publiée du côté de Pékin ou d’Islamabad à propos des déclarations du général Singh, cette situation pourrait alimenter les appels au sein du gouvernement indien à réévaluer ses priorités sécuritaires dans un contexte géopolitique de plus en plus instable en Asie du Sud.