Les principales compagnies aériennes chinoises ont appelé mardi l’administration Trump à renoncer à son projet d’interdire le survol de la Russie pour les vols reliant la Chine aux États-Unis. Elles avertissent que cette mesure allongerait considérablement les temps de trajet, ferait grimper les prix des billets et risquerait de perturber certaines liaisons internationales.
Le ministère américain des Transports a récemment proposé de restreindre les itinéraires empruntés par les transporteurs chinois, estimant que la possibilité de survoler la Russie leur confère un avantage concurrentiel injuste par rapport aux compagnies américaines, contraintes d’éviter cet espace aérien en raison des sanctions liées à la guerre en Ukraine.
Dans une série de lettres adressées au département, six compagnies chinoises, dont China Eastern, Air China et China Southern, ont exprimé leur opposition ferme à cette initiative. China Eastern a averti que le contournement de la Russie prolongerait de deux à trois heures la durée de plusieurs routes majeures, augmentant la consommation de carburant et le risque de correspondances manquées pour les passagers.
Air China et China Southern ont de leur côté souligné que cette mesure aurait des « conséquences négatives importantes » sur les voyageurs des deux pays, en particulier sur les liaisons commerciales et touristiques déjà fragilisées par les tensions géopolitiques. Elles affirment qu’une telle interdiction ne ferait qu’aggraver les coûts opérationnels et réduire la fréquence des vols transpacifiques.
Ce différend illustre les tensions croissantes entre Washington et Pékin dans le secteur aérien, déjà marqué par des restrictions réciproques depuis la pandémie de COVID-19. Si le projet américain est adopté, les compagnies chinoises devraient modifier leurs trajectoires pour passer par le Pacifique ou l’océan Arctique, ce qui pourrait rallonger de plusieurs milliers de kilomètres les trajets entre la Chine et les États-Unis.
Les discussions entre les autorités américaines et chinoises se poursuivent, mais aucune solution n’a encore été trouvée. Pékin pourrait, en représailles, imposer de nouvelles contraintes aux transporteurs américains opérant en Chine, accentuant un peu plus la rivalité aérienne entre les deux puissances.