L’Afghanistan et le Pakistan ont entamé samedi à Doha de nouveaux pourparlers de paix, après plusieurs jours de violents affrontements frontaliers ayant fait des dizaines de morts. Les deux pays ont convenu d’un cessez-le-feu temporaire le temps des discussions, selon des sources officielles citées par Reuters.
Ces négociations interviennent dans un climat de méfiance extrême entre Kaboul et Islamabad. Les autorités afghanes ont accusé le Pakistan d’avoir mené des frappes aériennes sur son territoire, tuant plusieurs civils, malgré l’annonce d’une trêve. De son côté, Islamabad affirme avoir visé des positions de groupes militants responsables d’attaques meurtrières dans la région de Khyber Pakhtunkhwa, le long de la frontière commune.
Les pourparlers, organisés sous médiation du Qatar, visent à instaurer un mécanisme de sécurité transfrontalier pour éviter de nouvelles escalades militaires. Le mouvement taliban, au pouvoir à Kaboul depuis 2021, affirme vouloir « résoudre les différends par la voie diplomatique », tout en dénonçant « les violations répétées de la souveraineté afghane ».
Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a déclaré que l’Afghanistan restait « déterminé à maintenir des relations pacifiques et de bon voisinage », mais qu’il « répondrait fermement à toute agression future ».
Côté pakistanais, le ministère des Affaires étrangères a confirmé la participation d’une délégation de haut niveau et exprimé « l’espoir d’un accord durable pour la stabilité régionale ». Le Pakistan accuse depuis plusieurs mois Kaboul de laisser opérer sur son sol des militants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), responsable d’une série d’attentats meurtriers.
Ces discussions à Doha constituent la première rencontre officielle entre les deux pays depuis la reprise des hostilités à la frontière au début du mois. Les observateurs estiment que le succès de ce dialogue dépendra de la capacité des deux gouvernements à contenir les groupes armés opérant de part et d’autre de la ligne Durand.