Die My Love : Jennifer Lawrence et Robert Pattinson dans un huis clos fiévreux signé Lynne Ramsay
Die My Love : Jennifer Lawrence et Robert Pattinson dans un huis clos fiévreux signé Lynne Ramsay

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2025 et coproduit par Martin Scorsese, Die My Love sort dans les salles françaises le 29 avril 2026. Derrière la caméra, la réalisatrice britannique Lynne Ramsay, déjà auteure de We Need to Talk About Kevin et A Beautiful Day. Devant, Jennifer Lawrence et Robert Pattinson incarnent Grace et Jackson, un couple qui fuit New York pour s’installer dans une vieille demeure en bois perdue dans l’immensité du Montana, héritage de l’oncle de Jackson. Le film est une adaptation du roman argentin Crève, mon amour d’Ariana Harwicz.

Une idylle passionnelle rattrapée par la maternité et la folie

Les premières scènes posent un tableau enchanteur : deux amants fougueux dans une maison à rénover, des parades amoureuses dans les herbes hautes, une grossesse heureuse. Puis le bébé arrive, Jackson reprend le chemin du travail plusieurs jours par semaine, et Grace bascule. Seule avec son enfant, rongée par l’ennui et la frustration, elle commence à montrer les signes d’une dépression post-partum qui révèle progressivement des fragilités bien antérieures. « Ma relation avec mon bébé ne se passe pas mal. C’est tout le reste, qui est pourri », dit-elle. Lynne Ramsay — qui était enceinte de son deuxième enfant lors du tournage selon CNews — creuse la question des traumatismes de l’enfance et de la parentalité, avec une caméra rivée sur le personnage de Grace dans une logique qui rappelle John Cassavetes sur Gena Rowlands ou Jean-Jacques Beineix sur Béatrice Dalle. Robert Pattinson, lui, campe un compagnon infantile et fuyant, qui regarde passivement sa femme s’enfoncer, recourant à des comportements d’un autre âge pour tenter de la faire « rentrer dans le moule ».

Une mise en scène contrastée, un scénario qui s’essouffle

La réalisatrice joue sur les contrastes sonores — chants de grillons contre guitares électriques — et visuels pour traduire les sautes d’humeur de son héroïne. Mais la mise en scène finit par s’assécher dans un esthétisme outré, et les scènes répétitives et excessives finissent par épuiser le spectateur autant que le personnage. La performance de Jennifer Lawrence, habitée et quasi animale, ne suffit pas à masquer les limites d’un scénario au message brouillé sur la féminité et le désir. Un film ambitieux, porté par un duo de stars, mais qui tourne parfois en rond sur lui-même.

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