Islamabad encense Trump pour la paix avec l’Inde, puis le condamne pour les frappes contre l’Iran
Islamabad encense Trump pour la paix avec l’Inde, puis le condamne pour les frappes contre l’Iran

ISLAMABAD, 23 juin — Le Pakistan a vivement dénoncé dimanche les frappes américaines contre l’Iran ordonnées par le président Donald Trump, moins de 24 heures après avoir recommandé ce dernier pour le prix Nobel de la paix en raison de son rôle dans la désescalade d’une crise entre Islamabad et New Delhi.

Samedi soir, le gouvernement pakistanais publiait un message élogieux sur la plateforme X, saluant l’« intervention diplomatique décisive et le leadership déterminant » de Trump, qui auraient permis d’éviter une guerre avec l’Inde. Les deux puissances nucléaires s’étaient retrouvées au bord du conflit après un massacre de touristes dans le Cachemire sous contrôle indien, en avril dernier. Les tensions avaient dégénéré en affrontements militaires jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu soit conclu sous médiation américaine.

Mais dès le lendemain, Islamabad a condamné les frappes américaines contre des sites nucléaires en Iran, qualifiant l’opération de « grave violation du droit international » et des règles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a exprimé sa vive préoccupation lors d’un appel téléphonique avec son homologue iranien, Masoud Pezeshkian, en soulignant que les installations visées étaient censées être sous surveillance de l’AIEA.

Le Pakistan, qui entretient des relations étroites avec l’Iran, a réaffirmé son soutien aux attaques iraniennes contre Israël, les considérant comme un droit légitime à la légitime défense.

Aucune réaction officielle n’a été formulée lundi matin à Islamabad concernant la contradiction apparente entre la proposition de prix Nobel et la condamnation des frappes, qui intervient peu après une rencontre de haut niveau entre Trump et le chef de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, à la Maison Blanche. Ce déjeuner de travail, d’une durée de plus de deux heures, avait également réuni le secrétaire d’État Marco Rubio et l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff.

Selon l’armée pakistanaise, les discussions ont porté en grande partie sur les tensions croissantes entre l’Iran et Israël, avec un appel commun à la résolution pacifique du conflit.

Côté indien, New Delhi a relativisé le rôle de médiateur des États-Unis dans la crise du Cachemire, assurant qu’aucune intervention étrangère n’était nécessaire. La région himalayenne reste une pomme de discorde majeure entre les deux pays, chacun revendiquant sa souveraineté sur l’ensemble du territoire.

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