BERLIN – L’Allemagne prévoit de renforcer significativement ses capacités de défense aérienne en acquérant 15 avions de combat F-35 supplémentaires, selon un article publié vendredi par Politico, citant plusieurs sources proches du dossier. Cette nouvelle commande viendrait s’ajouter aux 35 appareils déjà prévus, portant à 50 le total des chasseurs furtifs de cinquième génération que Berlin entend intégrer à ses forces armées.
Ce projet d’achat, bien que non encore officiellement confirmé par le gouvernement allemand, marque une intensification notable de l’engagement militaire de l’Allemagne dans le cadre de l’OTAN, sur fond d’invasion prolongée de l’Ukraine par la Russie et de réévaluation stratégique des priorités européennes en matière de défense.
L’information survient alors que les tensions montent entre Berlin et Paris autour du programme franco-allemand SCAF (Système de combat aérien du futur, ou FCAS), censé remplacer les actuels Rafale et Eurofighter à l’horizon 2040. Selon un rapport paru plus tôt cette semaine, la France souhaiterait désormais obtenir 80 % des parts industrielles du projet, une revendication qui suscite de vives frictions avec son partenaire allemand.
Le F-35, produit par l’américain Lockheed Martin, est déjà largement utilisé au sein de l’alliance atlantique. Berlin avait annoncé en 2022 sa première commande de ces avions dans le cadre d’un plan de modernisation militaire de 100 milliards d’euros dévoilé par le chancelier Olaf Scholz, destiné à combler les lacunes capacitaires de la Bundeswehr.
L’achat accru de F-35 pourrait être perçu comme un signal politique fort, exprimant la volonté de l’Allemagne de s’aligner davantage sur les standards américains et de privilégier des solutions éprouvées à court terme, plutôt que d’attendre l’aboutissement du projet FCAS, dont le calendrier reste incertain.
Le ministère allemand de la Défense n’a pour l’heure fait aucun commentaire officiel sur ce possible nouvel achat. Mais dans le contexte géopolitique actuel, et à l’approche du sommet de l’OTAN à Washington, ce choix stratégique pourrait être formalisé très prochainement.