Un parti soutenu par l’armée birmane est arrivé largement en tête à l’issue de la première phase d’élections générales controversées au Myanmar, selon des résultats préliminaires publiés par les médias d’État, dans le cadre du premier scrutin national depuis le coup d’État de 2021.
Les chiffres diffusés par la Commission électorale de l’Union montrent que le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP), formation proche de l’armée et dirigée par d’anciens généraux, a remporté 38 des 40 sièges déjà attribués à la chambre basse du Parlement. Le vote, organisé en trois phases selon la junte, est présenté par les autorités comme un moyen de rétablir la stabilité politique dans ce pays d’Asie du Sud-Est en proie à un conflit prolongé.
La junte affirme que le taux de participation lors de cette première phase a atteint 52 %, un chiffre jugé faible par rapport aux consultations précédentes. Le scrutin exclut la plupart des figures de l’opposition, dont l’ancienne dirigeante civile Aung San Suu Kyi, toujours détenue, ce qui alimente les critiques internationales sur la crédibilité du processus électoral.
Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a lui-même voté lors de cette première phase. Depuis le coup d’État, la répression des manifestations pro-démocratie a déclenché une insurrection armée à l’échelle nationale, plongeant le pays dans une crise politique et humanitaire persistante.
Plusieurs partis ethniques, dont des formations shan et môn, ont obtenu un nombre limité de sièges, loin derrière l’USDP. Les prochaines phases du scrutin devraient se tenir dans les semaines à venir, dans un climat toujours marqué par l’insécurité et les combats entre l’armée et les groupes rebelles.