Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi au parc de la paix de Nagasaki pour commémorer le 80ᵉ anniversaire du bombardement atomique qui a dévasté la ville en 1945. À 11h02, heure exacte de l’explosion, la foule a observé une minute de silence, marquant un moment de recueillement empreint d’émotion.
Le 9 août 1945, les États-Unis ont largué sur Nagasaki une bombe au plutonium surnommée Fat Man, pesant 4,5 tonnes. L’explosion a tué sur le coup environ 27 000 personnes parmi les quelque 200 000 habitants. D’ici la fin de l’année, le bilan humain lié aux effets de l’irradiation aiguë atteignait près de 70 000 morts. Ce drame est survenu trois jours après la destruction d’Hiroshima par une bombe à l’uranium, précipitant la capitulation du Japon et la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Lors de la cérémonie, le maire de Nagasaki, Shiro Suzuki, a mis en garde contre le risque de replonger dans l’horreur d’une guerre nucléaire dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions. « Il s’agit d’une crise de survie humaine qui touche chacun d’entre nous », a-t-il déclaré, appelant les dirigeants à revenir aux principes fondateurs de la Charte des Nations Unies et à tracer une voie concrète vers l’abolition totale des armes nucléaires.
Suzuki a exhorté à ne plus tolérer les retards dans les initiatives de désarmement, insistant sur la nécessité d’agir immédiatement. Pour illustrer l’horreur de l’attaque, il a relayé le témoignage d’un survivant décrivant des scènes de désolation inimaginables : « Autour de moi, il y avait des gens dont les yeux étaient sortis de leurs orbites… Les corps étaient éparpillés comme des pierres. »
S’adressant à la communauté internationale, le maire a plaidé pour que l’humanité adopte une perspective de « citoyen du monde » et mise sur la compréhension mutuelle et la solidarité pour reconstruire un monde fragmenté. Selon lui, seule une prise de conscience collective pourra prévenir la répétition d’un tel désastre.