Washington et Pékin entament des discussions à Stockholm sur les droits de douane
Washington et Pékin entament des discussions à Stockholm sur les droits de douane

Les États-Unis et la Chine doivent entamer des discussions cette semaine à Stockholm pour envisager une prolongation du délai prévu pour l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane, a annoncé lundi le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent. Cette rencontre intervient à moins d’un mois de la date butoir du 12 août, moment à partir duquel des taxes supplémentaires pourraient frapper des milliards de dollars d’échanges entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Lors d’un point presse au Capitole, Bessent a confirmé que l’objectif de ces discussions est de « permettre aux deux économies de s’adapter », alors que les tensions commerciales se sont récemment intensifiées autour des exportations chinoises, des importations d’énergie russe et de la réorientation stratégique de l’économie chinoise. Pékin tente de faire évoluer son modèle vers une croissance tirée par la consommation intérieure, plutôt que par la seule production manufacturière, tandis que Washington multiplie les mesures protectionnistes dans le cadre de la politique économique du président Donald Trump.

Bessent a par ailleurs réitéré son soutien à une proposition de sanctions tarifaires de 100 % contre les pays qui continuent d’acheter massivement du pétrole russe, évoquant explicitement la Chine parmi les cibles potentielles. Cette menace renforce les tensions dans un contexte géopolitique déjà fragile, alors que Washington accuse Pékin de soutenir indirectement les finances de Moscou en important du pétrole à prix réduit.

Du côté américain, cette politique s’inscrit dans la volonté affichée par l’administration Trump de défendre l’industrie nationale face à ce qu’elle considère comme une concurrence déloyale, notamment dans les secteurs technologiques, industriels et énergétiques. La prolongation du délai tarifaire serait vue comme un compromis temporaire permettant aux entreprises de mieux se préparer à l’éventualité de barrières commerciales renforcées.

La réunion prévue à Stockholm est donc perçue comme un test pour la relation bilatérale sino-américaine dans la nouvelle phase de leur rivalité économique. Si aucun accord n’est trouvé d’ici le 12 août, des droits de douane massifs pourraient entrer en vigueur, affectant une large gamme de produits, allant des biens de consommation aux composants industriels.

Ces discussions interviennent dans un climat international incertain, où les chaînes d’approvisionnement mondiales restent fragiles après les conflits en Europe et au Moyen-Orient, et où les marchés réagissent vivement aux annonces de politiques commerciales. Toute avancée ou tout échec à Stockholm pourrait ainsi avoir des répercussions importantes sur les marchés financiers et sur les stratégies des entreprises multinationales.

Aucune déclaration officielle de la partie chinoise n’a encore été faite, mais des sources diplomatiques à Pékin ont confirmé que des représentants de haut niveau seraient bien présents pour les pourparlers. Reste à savoir si un compromis sera possible sur un sujet devenu aussi stratégique que symbolique pour les deux pays.

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