Un emprunt public record accentue les pressions financières au Royaume-Uni
Un emprunt public record accentue les pressions financières au Royaume-Uni

Le gouvernement britannique a emprunté près de 15 milliards de livres sterling (environ 19,99 milliards de dollars) de plus que prévu pour l’exercice fiscal récemment clôturé, selon des données officielles publiées mercredi, exacerbant ainsi les tensions sur les finances publiques.

Le Bureau national des statistiques (ONS) a indiqué que l’emprunt net du secteur public pour l’année fiscale 2024-2025 s’élevait à 151,9 milliards de livres (202,1 milliards de dollars), alors que l’Office de responsabilité budgétaire (OBR) avait prévu en mars un déficit de 137,3 milliards de livres (182,95 milliards de dollars). Il s’agit du troisième niveau le plus élevé jamais enregistré pour l’emprunt public, selon Reuters.


Une pression accrue sur la ministre des Finances Rachel Reeves

Rachel Reeves, ministre des Finances, dispose d’une marge de manœuvre budgétaire extrêmement réduite — moins de 1 % du total des dépenses annuelles — dans le cadre des règles budgétaires auto-imposées par le gouvernement. Cela pousse les investisseurs à suivre de très près les données du secteur public.

Les obligations d’État britanniques ont connu une forte volatilité ces dernières années, traduisant l’inquiétude des marchés face à un mélange de faible croissance, de coûts d’endettement élevés et d’une inflation persistante.

Un sondage économique très suivi indique par ailleurs un net ralentissement dans la plupart des secteurs économiques en avril.


Réaction gouvernementale et perspectives

Le vice-ministre des Finances, Darren Jones, a déclaré dans un communiqué :

« Nous ne compromettrons jamais la rigueur budgétaire. C’est pourquoi nos règles financières ne sont pas négociables. »

Le déficit public en proportion du PIB a atteint 5,3 % en 2024-2025, en hausse par rapport à 4,8 % l’année précédente, et dépasse les estimations précédentes de l’OBR.

Alison Ring, directrice des finances publiques à l’Institut des experts-comptables d’Angleterre et du Pays de Galles, a noté que les hausses d’impôts sur les entreprises introduites ce mois-ci pourraient théoriquement améliorer la situation financière plus tard dans l’année.

Mais elle a averti :

« Malheureusement, les finances publiques restent exposées à des vents contraires dus à ces hausses, qui — combinées aux tensions commerciales mondiales — représenteront probablement un défi majeur pour la ministre. »


Un équilibre budgétaire de plus en plus fragile

L’Institute for Fiscal Studies a souligné la fragilité de la situation budgétaire, estimant que le surplus budgétaire disponible n’est que de 10 milliards de livres (13,31 milliards de dollars) avant d’enfreindre les règles budgétaires à l’horizon 2029-2030.

En mars seulement, l’emprunt public s’est élevé à 16,444 milliards de livres (21,89 milliards de dollars), légèrement supérieur à la prévision moyenne des économistes de 16 milliards de livres, selon un sondage Reuters.

Les intérêts de la dette ont atteint 4,3 milliards de livres (5,72 milliards de dollars) en mars — un record pour ce mois.

Le Bureau national des statistiques a révisé les données d’emprunt pour onze mois de l’année fiscale, à la lumière de nouvelles données montrant une baisse des recettes fiscales, en particulier celles provenant des impôts sur les sociétés et sur les revenus.

En réponse à la hausse de l’emprunt en 2024-2025, l’Agence de gestion de la dette publique prévoit d’émettre davantage d’obligations du Trésor, au lieu des obligations d’État traditionnelles.

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