Le président américain Donald Trump a porté mercredi à 50 % les droits de douane sur la quasi-totalité des importations d’acier et d’aluminium, une décision spectaculaire qui menace de bouleverser de nombreux secteurs industriels et de faire grimper les prix pour les consommateurs. Ces deux métaux, omniprésents dans l’industrie comme dans la vie quotidienne, sont utilisés aussi bien dans les voitures que les réfrigérateurs, les boîtes de conserve ou les appareils électroniques. La mesure, en vigueur depuis minuit, double les taxes imposées depuis mars et s’inscrit dans une stratégie assumée par Trump pour « défendre l’industrie américaine ».
À l’origine, les métaux importés étaient déjà taxés à hauteur de 25 %, sauf exception. Désormais, seuls les produits en provenance du Royaume-Uni bénéficient d’un régime de faveur, avec un maintien à 25 %, en raison d’un accord bilatéral encore en cours de négociation. Trump a justifié cette mesure par la nécessité de préserver la sécurité nationale et de contrer le dumping pratiqué selon lui par certains pays qui inondent le marché américain avec des produits bon marché.
La décision suscite des réactions contrastées au sein des milieux industriels. Si certains saluent une initiative courageuse pour protéger la production locale, d’autres s’inquiètent des répercussions en cascade sur l’économie. De nombreux experts estiment que ces surtaxes pourraient désorganiser les chaînes d’approvisionnement mondialisées, pénaliser l’automobile, la construction et l’agroalimentaire, et provoquer une hausse généralisée des prix. Le syndicat United Steelworkers a appelé à une réforme plus large du commerce international, tandis que l’Aluminum Association s’est dite favorable à une politique tarifaire plus prévisible et cohérente.
Pour les consommateurs, les conséquences pourraient se faire sentir rapidement. Des produits aussi variés que les véhicules, les machines à laver ou les conserves alimentaires risquent de devenir plus chers. L’impact ne se limite pas aux produits directement concernés : les coûts de transport, de construction et d’emballage sont également susceptibles d’augmenter. Même les entreprises qui n’utilisent pas directement de métal importé pourraient subir des hausses de prix en raison de l’effet domino.
Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche en janvier, les prix de l’acier ont déjà grimpé de 16 %, atteignant en mars 984 dollars la tonne métrique aux États-Unis, contre 690 dollars en Europe et 392 en Chine, selon le Département du commerce américain. Ces écarts risquent de s’accentuer encore avec la nouvelle taxe.
Le Royaume-Uni, seul pays temporairement épargné par la surtaxe à 50 %, espère obtenir une exemption complète d’ici le 9 juillet. Le Premier ministre Keir Starmer s’est montré confiant sur l’issue des discussions, tandis que le patronat britannique s’inquiète des incertitudes qui freinent les commandes américaines. D’autres pays, comme le Mexique ou les membres de l’Union européenne, envisagent déjà des mesures de rétorsion si aucun compromis n’est trouvé.