Pierre Gattaz plaide pour la fin des aides aux entreprises @Flickr
Pierre Gattaz plaide pour la fin des aides aux entreprises @Flickr

Ancien président du Medef, Pierre Gattaz a surpris en réclamant l’arrêt pur et simple des dispositifs publics de soutien aux entreprises. Invité de l’émission Complément d’enquête consacrée aux multinationales, il a dénoncé un système qu’il juge aussi coûteux qu’inefficace. Selon lui, les multiples mécanismes comme le crédit d’impôt recherche ou l’ancien CICE génèrent davantage de polémiques que de compétitivité. Il pointe du doigt les commissions d’enquête, la lourdeur administrative et le nombre élevé de fonctionnaires mobilisés pour gérer quelque 2 200 dispositifs différents. « Les improductifs sont plus nombreux que les productifs », résume-t-il, opposant la bureaucratie aux entrepreneurs qui, à ses yeux, créent réellement de la valeur.

Moins de subventions, plus de compétitivité fiscale

L’ancien patron des patrons estime que la France se trompe de stratégie. Sa ligne est claire : alléger la fiscalité plutôt que multiplier les aides ciblées. Il affirme partager cette conviction avec d’autres chefs d’entreprise. À ses yeux, si la pression fiscale française s’alignait sur celle de ses voisins européens, les entrepreneurs de toutes tailles pourraient « cartonner » et devenir « champions du monde ». Pierre Gattaz ne nie pas que ses propos vont à contre-courant, dans un pays où les subventions aux sociétés représentent un maquis budgétaire considérable. Mais il assume de préférer un cadre fiscal stable et compétitif à un enchevêtrement de niches et d’avantages spécifiques, dont les grandes multinationales profitent le plus. Un discours qui tranche avec celui de nombreux responsables patronaux, souvent attachés au maintien de ces leviers financiers. Gattaz, lui, joue la carte du choc fiscal : moins d’aides, moins de paperasse, plus de liberté pour entreprendre.

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