L'inflation repart à la hausse au Royaume-Uni, compromettant une baisse rapide des taux
L'inflation repart à la hausse au Royaume-Uni, compromettant une baisse rapide des taux

LONDRES – Le taux d’inflation au Royaume-Uni a bondi à 3,5 % en avril, contre 2,6 % en mars, marquant sa plus forte hausse en deux mois depuis 2022. Cette augmentation inattendue compromet les espoirs d’une baisse imminente des taux directeurs de la Banque d’Angleterre (BoE), selon les analystes et investisseurs.

Ce sursaut des prix, supérieur aux prévisions des économistes (3,3 %) et à celles de la BoE (3,4 %), s’explique en grande partie par une flambée des tarifs aériens durant les vacances de Pâques. L’inflation des services, considérée comme un indicateur central des pressions internes sur les prix, a atteint 5,4 %, un niveau bien au-delà des attentes. Selon l’Office national des statistiques, les tarifs aériens ont progressé de 27,5 % sur un mois, une envolée quasi inédite pour un mois d’avril.

Face à ces chiffres, les marchés ont revu à la baisse leurs anticipations d’une réduction du taux directeur de la BoE en août, passant de 60 % à 40 %. L’économiste Allan Monks de JP Morgan estime que cette « surprise renforce le biais prudent » de la Banque d’Angleterre, écartant de fait une baisse dès juin.

La ministre des Finances, Rachel Reeves, a exprimé sa déception tout en soulignant les progrès accomplis depuis le pic de l’inflation à deux chiffres observé sous le gouvernement précédent. Elle a réaffirmé sa volonté de « faire baisser les prix plus vite pour améliorer le pouvoir d’achat ».

Surnommé par certains analystes le « terrible avril », ce mois a également vu la hausse des prix du gaz, de l’électricité, de l’eau et des impôts employeurs, alimentant les tensions inflationnistes. L’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments volatils comme l’énergie et les produits alimentaires, reste ainsi préoccupante pour les décideurs monétaires.

Le gouverneur de la BoE et certains membres du Comité de politique monétaire divergent déjà sur le calendrier de la détente monétaire. Huw Pill, économiste en chef de la banque centrale, a déclaré mardi que les baisses de taux pourraient être trop rapides face à la persistance des hausses de salaires.

Alors que la BoE prévoit un ralentissement progressif de l’inflation vers 3,7 % d’ici septembre, les doutes s’accumulent sur le rythme et l’ampleur de la détente monétaire à venir. Pour les ménages britanniques, la perspective d’un soulagement rapide sur les taux d’emprunt semble de plus en plus compromise.

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